Covid-19: le rapport de l'OMS sur les origines du virus en Chine peine à convaincre

Tedros Adhanom Ghebreyesus, le directeur général de l'OMS, le 9 mars 2020 à Genève, en Suisse.
Tedros Adhanom Ghebreyesus, le directeur général de l'OMS, le 9 mars 2020 à Genève, en Suisse. AP - Salvatore Di Nolfi

Réactions mitigées après la publication du rapport conjoint de l'OMS et de la Chine sur les origines du Covid-19. Si l'Union européenne salue un « premier pas utile », les États-Unis et d'autres interlocuteurs déplorent le nombre limité de données transmises aux experts. Ces derniers estiment que la piste d'une transmission du virus par un animal intermédiaire est la plus probable. Réaction mitigée également de la part du patron de l'OMS qui demande, à demi-mots, plus de transparence de la part de Pékin.

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Avec notre correspondant à Genève, Jérémie Lanche

Hung Nguyen-Viet fait partie de l'équipe qui a été envoyée par l'OMS à Wuhan. Ce chercheur vietnamien, spécialiste de la santé humaine et animale, dit comprendre les inquiétudes sur l'indépendance des experts qui ont dû travailler avec des données transmises par la Chine.

Mais il assure que la coopération avec ses homologues chinois s'est faite sans encombres : « Pour être clair, nous n'étions pas là pour collecter des données des analystes dans les laboratoires. Non, nous n'avons pas besoin de faire ça. Nous avons commencé le travail bien avant d'arriver en Chine. Nous avons eu des réunions avec les Chinois. Et en arrivant en Chine, nous avons eu de plus en plus de données. »

► À lire aussi : Origine du Covid-19: la transmission à l'homme par un animal jugée «probable à très probable»

L'OMS déplore le manque de données brutes de la part de la Chine

Avec 14 jours de terrain et autant de temps passé en quarantaine, les experts ont travaillé sous pression. C'est une évidence. Mais une pression scientifique seulement, affirme le chercheur : « Cette mission a été tellement sous pression politique et scientifique, oui, on a regardé la TV, on a écouté la radio, on a lu les journaux. Mais en tant que scientifiques, on a toujours eu en tête qu'on était là pour pratiquer la science. »

Mais de l'aveu même du patron de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus : ce qui a manqué aux experts, ce sont des données brutes, encore trop rarement partagées par Pékin. Devant la presse, le chef de la délégation de l'OMS à Wuhan, Peter Ben Embarek, a minimisé cette question, indiquant qu'il s'agissait d'un problème de respect de la vie privée comme on pourrait le trouver dans un autre pays que la Chine. Sans vraiment réussir à convaincre.

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