Le partage de 10 millions de doses de Pfizer/BioNTech met la solidarité européenne à rude épreuve

Une dose du vaccin Pfizer-BioNTech (image d'illustration).
Une dose du vaccin Pfizer-BioNTech (image d'illustration). AHMAD GHARABLI AFP/Archivos

La bonne surprise a tourné à la foire d’empoigne. Pfizer/BioNTech a accepté de livrer aux Européens une avance sur commande : sur les 100 millions de doses du vaccin contre le Covid-19 qui devaient être livrées au second semestre, le laboratoire en livre finalement 10 en avance ce trimestre. Sauf que deux jours de négociations et de déchirement ont été nécessaires pour se mettre d’accord sur leur répartition. Les égoïsmes nationaux de trois pays ont failli faire capoter ce qui se voulait une démonstration de solidarité.

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Davantage de vaccins pour les pays en difficulté. C'était le compromis proposé par la présidence portugaise de l'UE. Sur les dix millions de doses livrées en avance par Pfizer/BioNTech, sept auraient été réparties comme d'habitude en fonction du nombre d'habitants, et trois millions seraient allées à cinq pays particulièrement dévastés par la pandémie : la Bulgarie, la Croatie, l'Estonie, la Lettonie et la Slovaquie. 

La Slovaquie a même voulu cette semaine se montrer exemplaire avec ses partenaires alors que son Premier ministre avait contourné les procédures européennes et commandé le vaccin russe Spoutnik V. Violemment critiqué, il a dû démissionner. 

Autriche, République tchèque et Slovénie exigent leur part

Mais l'autre bout du spectre, l'Autriche, la République tchèque et la Slovénie ont refusé de jouer le jeu de la solidarité et deux jours de négociations entre les ambassadeurs des pays membres n'ont pas permis d'infléchir leurs positions. L'Autriche assume de plus en plus son cavalier seul : non seulement le chancelier a commandé le vaccin russe, mais en plus il a exigé de recevoir la totalité de sa part de vaccins Pfizer. La Slovénie, qui prend la présidence tournante de l'UE le 1er septembre, a donc aussi refusé le mécanisme de solidarité. Comme la République tchèque aussi qui perd sur toute la ligne : Prague a refusé le compromis, car elle estimait « insuffisant » le geste fait en sa faveur. Sa position lui fait perdre 143 000 doses accordées au titre de la solidarité, a expliqué un diplomate européen.

Aider les autres

Ce sont finalement dix-neuf autres pays qui ont accepté de renoncer à une partie de leurs doses pour aider les autres. L'Allemagne, la Belgique, Chypre, le Danemark, l'Espagne, la Finlande, la France, la Grèce, la Hongrie, l'Irlande, l'Italie, la Lituanie, le Luxembourg, Malte, les Pays-Bas, la Pologne, le Portugal, la Roumanie et la Suède vont se partager 6,66 millions de doses du vaccin.

►À lire aussi: Le nationalisme vaccinal met-il en péril la production des vaccins ?

 

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