Royaume-Uni: Boris Johnson condamne les violences en Irlande du Nord

Des nationalistes et unionistes nord-irlandais s'affrontent devant le mur de la paix sur Lanark Way à Belfast, le 7 avril 2021.
Des nationalistes et unionistes nord-irlandais s'affrontent devant le mur de la paix sur Lanark Way à Belfast, le 7 avril 2021. AP - Peter Morrison

Le Premier ministre britannique a condamné une nouvelle nuit de violences en Irlande du Nord, après que des manifestants ont lancé des cocktails Molotov et qu'un bus a été incendié à Belfast dans la nuit de mercredi à jeudi. Ces violences surviennent après une semaine d'émeutes qui montrent que le feu couve dans la province britannique, où les conséquences du Brexit créent un sentiment de trahison chez les unionistes attachés à la couronne.

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Les condamnations sont unanimes. Après le Premier ministre britannique, unionistes et républicains du gouvernement local d'Irlande du Nord ont condamné ensemble, dans un communiqué commun, ce jeudi les violences « complètement inacceptables et injustifiables » qui ont secoué la province britannique ces derniers jours.

La nuit dernière la foule s'est rassemblée sur Lanark Way, à Belfast, « où un autobus a été incendié », ont indiqué les services de police nord-irlandais. « La façon de résoudre les différends est par le dialogue et non par la violence ou la criminalité », a tweeté Boris Johnson tard ce mercredi tout en faisant part de sa « profonde préoccupation ».

Des incendies ont été signalés sur Lanark Way, où d'énormes barrières métalliques séparent les deux quartiers, catholique et protestant, selon la correspondante de la BBC. « Des centaines de personnes de chaque côté ont jeté des cocktails Molotov », a-t-elle tweeté. L'arrivée de la police a fait considérablement diminuer les violences, a-t-elle ajouté.

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Spectre des trois décennies sanglantes

La circulation du métro dans la région a été suspendue, a indiqué l'agence Press Association.

La Première ministre nord-irlandaise Arlene Foster a, elle aussi, dénoncé les violences : « Il ne s'agit pas d'une protestation. C'est du vandalisme et une tentative de meurtre. Ces actions ne représentent l'unionisme ni le loyalisme. »

La semaine dernière, des violences ont d'abord éclaté dans la ville de Londonderry, avant de gagner un quartier loyaliste de Belfast et à ses environs pendant le week-end de Pâques.

Ces incidents font resurgir le spectre des trois décennies sanglantes des « Troubles » entre républicains et unionistes, qui ont fait 3 500 morts.

Protocole nord-irlandais

L'accord de paix signé en 1998 a estompé la frontière entre la province britannique et la République d'Irlande, mais le Brexit est venu fragiliser le délicat équilibre, en nécessitant l'introduction des contrôles douaniers entre Royaume-Uni et Union européenne. 

Les partisans du maintien de la région au sein du Royaume Uni sont en colère car ils estiment que les autorités accordent de plus en plus de concessions aux nationalistes, qui souhaitent une réunification de l’île.

Après d'âpres négociations, Londres et Bruxelles sont parvenus à s'accorder sur une solution : le protocole nord-irlandais permet d'éviter le retour à une frontière physique sur l'île d'Irlande en déplaçant les contrôles des marchandises en provenance de Grande Bretagne dans les ports et aéroports nord-irlandais. Les unionistes le perçoivent comme un premier pas vers la réunification.

Ce samedi, les accords du Vendredi saint qui ont mis fin à trois décennies de violences, marqueront leur 23 ème anniversaire. 

(et avec AFP)

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