Covid-19: pour l'OMS, la pandémie est à un point critique

Pour Tedros Ghebreyesus, même si la pandémie est «loin d'être terminée», il y a «de nombreuses raisons d'être optimistes».
Pour Tedros Ghebreyesus, même si la pandémie est «loin d'être terminée», il y a «de nombreuses raisons d'être optimistes». Christopher Black Organización Mundial de la Salud/AFP

Tandis que la vaccination accélère et que certains pays se déconfinent, les contaminations au Covid-19 augmentent dans le monde, pour la septième semaine consécutive. Depuis Genève, l'OMS met en garde : la pandémie continue de progresser de manière exponentielle.

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Avec notre correspondant à Genève, Jérémie Lanche

Sortie de crise ou troisième, voire quatrième vague ? Les signaux sont en tout cas contradictoires. Alors que la campagne de vaccination accélère par endroits – notamment en France avec de nouvelles livraisons de vaccins –, que des pays se déconfinent, les contaminations progressent au niveau mondial.

Nous sommes à un moment critique, reconnaît l'OMS. Avec des cas en hausse de 9% en une semaine et 5% de décès en plus sur la même période au niveau mondial, ce n'est pas la situation dans laquelle nous souhaitons nous trouver plus d'un an après le début de la pandémie, dit une responsable. Surtout que les vaccins sont là.

Pour le patron de l'OMS, Tedros Ghebreyesus, ces mauvais chiffres sont à mettre sur le compte de mesures sanitaires inconstantes dans certains pays. Et leur non-respect par une partie de la population. « L'OMS ne veut pas que les confinements continuent indéfiniment, assure-t-il. Nous voulons aussi voir les sociétés et les économies rouvrir. Mais en ce moment, les unités de soins intensifs dans de nombreux endroits sont débordées et des gens meurent. Alors que les contaminations continuent, dans certains pays, les restaurants, les marchés sont bondés avec très peu de personnes qui respectent les gestes barrières. »

L'OMS n'a pas pour habitude de pointer du doigt ses États membres. Mais le Brésil pourrait se sentir visé. Alors que le pays enregistre des nouveaux records de contaminations et de décès liés au Covid, le président Jair Bolsonaro se refuse toujours à décréter un confinement national.


Plus d'un million de morts en Europe

L'Europe a recensé ce lundi plus d'un million de morts du Covid-19 depuis sa découverte en Chine en décembre 2019, selon un comptage réalisé par l'AFP à partir de bilans fournis par les autorités de santé. Ils sont une estimation partielle du nombre réel de décès, a posteriori, le nombre de morts serait plus élevé.

Les 52 pays et territoires de la région (qui va à l'est jusqu'à l'Azerbaïdjan et la Russie) totalisent au moins 1 000 288 décès. Selon les derniers bilans disponibles, près de six décès sur dix en Europe ont été déclarés dans six pays : au Royaume-Uni, en Italie, en Russie, en France, en Allemagne et en Espagne. Les tendances sont toutefois bien différentes selon les pays : certains voient l'épidémie reculer tandis que d'autres font face à une troisième vague.

En proportion de la population, les pays les plus touchés dans le monde sont européens : la République tchèque est le pays qui déplore le plus grand nombre de morts avec 261 décès pour 100 000 habitants, suivie par la Hongrie (245) et la Bosnie-Herzégovine (228).

Les décès recensés en Europe (900 millions d'habitants, soit un neuvième de la population mondiale) représentent plus d'un tiers des 2,94 millions de victimes de la pandémie enregistrées dans le monde, pour plus de 136 millions de cas diagnostiqués depuis le début de la pandémie, selon le comptage de l'AFP.

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