Pologne: le Défenseur des droits poussé vers la sortie

Adam Bodnar, Défenseur des droits en Pologne, poussé vers la sortie.
Adam Bodnar, Défenseur des droits en Pologne, poussé vers la sortie. © AP/Czarek Sokolowski

En Pologne, le Tribunal constitutionnel a décidé aujourd’hui qu’Adam Bodnar, le Défenseur des droits, ne pourrait pas rester à ce poste malgré l’absence de successeur. Son mandat avait expiré en septembre, mais le Parlement n’arrive pas à se mettre d’accord sur un candidat ou une candidate pour lui succéder. Une décision du Tribunal constitutionnel - contrôlé par le parti conservateur Droit et justice, au pouvoir - qui menace l’une des dernières institutions indépendantes du pays.

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Avec notre correspondante à Varsovie, Sarah Bakaloglou

C’est mi-juillet au plus tard que le Défenseur des droits, Adam Bodnar, devra quitter son poste. Le temps, explique le Tribunal constitutionnel, pour le Parlement de s’entendre sur un successeur, ou de trouver une procédure alternative. Un choix préoccupant pour le Défenseur des droits actuel : « C’est un choix compliqué pour l’opposition parlementaire : soit elle accepte un candidat du parti au pouvoir, soit celui-ci passe une loi pour mettre en place quelqu’un qui jouera le rôle de Défenseur des droits à sa place. Et cela représente un risque pour l'indépendance de cette fonction. »

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Pour Adam Bodnar, voix critique face au gouvernement conservateur, cette décision est bien sûr politique. Un avis partagé par Paulina Kieszkowska, de l’ONG Free Court Initiative, pour qui le gouvernement est en train de détruire progressivement les institutions démocratiques du pays. « Ils ont pris le contrôle de la commission électorale, ils ont essayé mais n’ont pas encore réussi à entièrement à prendre le contrôle de la Cour suprême, ils ont pris le contrôle du Tribunal constitutionnel, et aujourd’hui, ils ont tiré - métaphoriquement - sur notre Défenseur des droits. C’est comme une boule de neige qui roule vers la catastrophe. Nous sommes un État déchu », déplore-t-elle.

Paulina Kieszkowska dénonce la candidature d’un député du parti Droit et justice au pouvoir au poste de Défenseur des droits, examinée ce jeudi 15 avril par la chambre basse du Parlement.

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