Événement: l'Allemagne après Merkel, un webinaire du club RFI Berlin

Le club de RFI Berlin et ses partenaires organisent le 30 avril à 18 heures un webinaire consacré à l’année électorale allemande.Le club de RFI Berlin et ses partenaires organise le 30 avril à 18 heures un webinaire consacré à l’année électorale allemande.
Le club de RFI Berlin et ses partenaires organisent le 30 avril à 18 heures un webinaire consacré à l’année électorale allemande.Le club de RFI Berlin et ses partenaires organise le 30 avril à 18 heures un webinaire consacré à l’année électorale allemande. © RFI

Le club de RFI Berlin et ses partenaires (NEOMA Alumni et Sciences Po) organisent le 30 avril à 18 heures un webinaire consacré à l’année électorale allemande. Quatre parlementaires répondront en français à vos questions.

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L’année 2021 sera marquée par une césure politique en Allemagne. Angela Merkel va quitter le pouvoir après les élections du 26 septembre après 16 ans à la tête du pays. Une longévité comparable à celle de son « père » en politique, Helmut Kohl. Pour la première fois, un chef de gouvernement se retire de son plein gré sans être sanctionné par les urnes, victime d’un renversement d’alliance, poussé vers la sortie par son parti ou contraint à la démission comme dans le passé.

Pour les chrétiens-démocrates, locataires de la chancellerie durant 52 ans au total depuis la création de la République fédérale d’Allemagne en 1949, ce départ constitue un défi. Celle qui faisait figure de dauphine d’Angela Merkel, la ministre de la Défense Annegret Kramp-Karrenbauer, a jeté l’éponge l’an dernier et quitté la direction de la CDU. La désignation d’un candidat commun à ce parti et à la CSU bavaroire à la chancellerie pour les élections de septembre a donné lieu à un combat des chefs entre les présidents des deux partis. À l’arrivée, Armin Laschet, qui dirige la CDU depuis janvier, l’a emporté sur Markus Söder. Une victoire fidèle à l’arithmétique politique puisque le parti d’Angela Merkel, présent dans 15 régions sur 16 pèse bien plus lourd. Mais Armin Laschet souffrait de mauvais sondages et était victime de critiques contre sa gestion de la pandémie de Covid-19 tandis que Markus Söder bénéficiait d’une forte popularité, dans la population en général comme parmi les sympathisants et membres de la CDU. Les divisions qui ont été publiquement visibles entre les deux partis pourraient laisser des traces. Les talents de rassembleur d’Armin Laschet vont être mis à rude épreuve. Le candidat va devoir prouver qu’il est aussi capable de permettre à son camp d’obtenir un bon score le 26 septembre pour qu’il puisse emménager à la chancellerie et remplacer Angela Merkel. Les chrétiens-démocrates ont subi un recul massif dans les sondages ces dernières semaines et des échecs douloureux lors de deux régionales en mars. L’Allemagne pourrait à l’automne être dirigée par une coalition à laquelle la CDU et la CSU ne participeraient pas. Pire, les Verts qui talonnent à nouveau les conservateurs dans les sondages pourraient faire la course en tête.

Les écologistes ont le vent en poupe depuis des mois avec plus de 20% dans les sondages. Après la désignation d’Annalena Baerbock comme candidate à la chancellerie, une étude d’opinion les a même placés en tête devant CDU/CSU. Les écologistes ont de fortes chances d’être la force dominante à gauche devant les sociaux-démocrates du SPD. Il s’agirait là aussi d’une césure historique, un peu plus de quarante ans après la création du parti écologiste. Parmi les constellations envisageables après les élections, les Verts deviennent incontournables. La faiblesse actuelle des chrétiens-démocrates et du SPD rend une alliance entre ces deux partis qui a gouverné l’Allemagne de 2005 à 2009 et depuis 2013 impossible aujourd’hui. D’autres options impliquent les Verts qu’il s’agisse d’une coalition de ces derniers avec les chrétiens-démocrates, d’une alliance dite jamaïcaine avec les conservateurs et les libéraux ou d’une version « feu tricolore » associant Verts, SPD et libéraux. Un gouvernement soutenu par les trois organisations de gauche (écologistes, sociaux-démocrates et Die Linke) n’est pas exclu mais peu probable. L’hostilité de ce dernier parti à l’égard de l’OTAN et d’interventions militaires extérieures rend une telle option aujourd’hui peu envisageable.

Si les Verts deviennent la force montante séduisant de nouveaux électeurs et des déçus d’autres partis, la social-démocratie est à un tournant. Les scores du SPD ont baissé d’élection en élection depuis la défaite en 2005 du dernier chancelier social-démocrate Gerhard Schröder. Le parti, créé il y a environ 150 ans, force centrale de la vie politique allemande, végète autour de 15%. La nomination très tôt de son candidat à la chancellerie Olaf Scholz, le ministre des Finances, n’a pas permis au parti de décoller dans les sondages. Le SPD est à la peine, coincé entre une CDU plus au centre depuis l’arrivée au pouvoir d’Angela Merkel et les Verts. Leur marqueur traditionnel, l’écologie, leur permet de proposer des réponses à des dossiers centraux aujourd’hui ; mais leur programme économique et social plus conséquent que par le passé créé une concurrence de poids pour les sociaux-démocrates. Difficile de savoir quel est le profil du SPD aujourd’hui et pour quelles raisons il faudrait voter pour lui.

Restent les trois plus petites forces qui sont aujourd’hui avec les Verts dans l’opposition. Le parti libéral évolue et s’émancipe de sa ligne traditionnelle favorisant comme allié « naturel » les chrétiens-démocrates. Une flexibilité qui pourrait faire de ce mouvement une force charnière d’importance à l’automne dans une coalition à trois, surtout si sa remontée dans les sondages (environ 10% aujourd’hui) se confirme. Le parti de gauche Die Linke n’a pas profité de la présence d’une grande coalition au gouvernement. Le mouvement, héritier du parti communiste est-allemand, conserve ses bastions dans la partie Est du pays. Sa seule perspective pour un jour accéder au pouvoir au niveau national serait de faire un aggiornamento sur son opposition de principe à l’OTAN et à des participations allemandes à des missions internationales. Certains y sont favorables mais Die Linke reste divisé. Quant à l’Alternative pour l’Allemagne, le parti d’extrême-droite, il sera à nouveau représenté au Bundestag pour la deuxième fois. L’AfD traverses différentes crises : des divisions internes entre les plus radicaux et les autres, une absence de propositions crédibles durant la pandémie, la disparition du débat public du sujet migratoire central pour l’AfD, la menace d’une mise sous observation par les autorités jugeant le parti potentiellement contraire à l’ordre démocratique.

Tous ces facteurs font de l’année 2021 un cru électoral et politique hors norme. Beaucoup d’inconnues demeurent. Les cartes sont rebattues. Des constellations diverses sont susceptibles de gouverner l’Allemagne à l’automne. Autant d’hypothèses qui interpellent à l’étranger après le retrait de la figure tutélaire Angela Merkel. Quelle sera la politique de Berlin après les élections ? Quels accents en politique intérieure après la pandémie pour consolider ou revoir le modèle économique et social allemand ? Des évolutions sont-elles à attendre en Europe et au-delà sur la scène internationale ? Autant de questions auxquelles quatre responsables politiques allemands répondront en français lors du webinaire du club de RFI Berlin et de ses partenaires (les associations NEOMA Alumni et Sciences Po).

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