Reportage

Ukraine: aux portes de Donetsk, les populations civiles s’inquiètent de tous les scénarios possibles

Un membre du service des forces armées ukrainiennes sur la ligne de séparation des rebelles pro-russes dans la région de Donetsk, en Ukraine, le 8 avril 2021 (image d’illustration).
Un membre du service des forces armées ukrainiennes sur la ligne de séparation des rebelles pro-russes dans la région de Donetsk, en Ukraine, le 8 avril 2021 (image d’illustration). REUTERS - OLEKSANDR KLYMENKO

En Ukraine, les tensions montent, alors que la communauté internationale s’interroge sur les intentions de la Russie, qui a massé plus de 100 000 hommes aux frontières ukrainiennes. Dans le Donbass, les populations civiles, prises dans l’étau d’une guerre d’informations et d’une augmentation des bombardements, s’inquiètent déjà de tous les scénarios possibles. Reportage à Avdiivka, une ville du front, aux portes de Donetsk, contrôlée par l’Ukraine.

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Avec notre envoyé spécial à Avdiivka, Stéphane Siohan

Le vieux Avdiivka, un quartier de petites maisons en briques, est tout proche de la Promzone, la Zone industrielle, un secteur fortifié par l’armée ukrainienne, régulièrement sous le feu de l’artillerie séparatiste.

À la moindre explosion, Oleksiy Savkevich, un activiste culturel âgé de 42 ans, craint qu’un obus ne tombe sur sa maison. « Hier, j’ai entendu deux détonations, ça tirait de notre côté, et on est vite partis, raconte-t-il. Juste après, des tirs sont tombés ici et puis c’était le silence. Il y a quelque chose qui se passe, mais on ne comprend pas quoi. Ces dernières semaines, on n’a pas encore discuté pour savoir s’il faut fuir. On est déjà habitués. Mais bien entendu, si l’armée russe arrive, on a déjà un plan B. »

Sur la ligne de front de 400 km, Avdiivka est sans doute un des cantonnements les plus chauds pour les soldats, un Fort Alamo ukrainien, disent parfois les militaires.

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Selon Artur Pavenko, aumônier des armées, les soldats d’Avdiivka sont parmi les mieux aguerris, mais la lassitude commence à se fait sentir : « Bien sûr il y a beaucoup de stress chez les soldats après sept années de guerre. Tout ça joue forcément sur l’humeur psychologique. Mais l’armée se prépare à tout, même au pire. On espère quand même une amélioration et que la paix aboutisse par des moyens diplomatiques. »

En attendant, si la guerre reprend de plus belle, ici ou là sur le front, la Promzone d’Avdiivka et ses environs, des zones d’habitation, feront partie des premiers secteurs bombardés.

Macron appelle à tracer des « lignes rouges » avec la Russie

Le président Emmanuel Macron a déclaré ce dimanche, dans une interview à la chaîne américaine CBS, qu’il fallait définir des « lignes rouges » avec la Russie, et la sanctionner en cas de « comportement inacceptable ».

Je trouve cette situation inacceptable. Une désescalade est nécessaire du côté de la Russie...

Emmanuel Macron

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