Reportage

Ukraine: sur la ligne de front dans le Donbass, les soldats ukrainiens sur le qui-vive

Ukraine. Dans le Donbass, le 17 avril 2021, des soldats de l'armée ukrainienne sur une position avancée fortifiée, au nord de Donetsk, à 600 mètres des premières tranchées séparatistes pro-russes. Les accrochages se multiplient entre soldats ukrainiens et troupes séparatistes. .
Ukraine. Dans le Donbass, le 17 avril 2021, des soldats de l'armée ukrainienne sur une position avancée fortifiée, au nord de Donetsk, à 600 mètres des premières tranchées séparatistes pro-russes. Les accrochages se multiplient entre soldats ukrainiens et troupes séparatistes. . © Stéphane Siohan / RFI

Entre l’Ukraine et la Russie, la crise ne cesse de s’aggraver. Les deux pays sont à couteaux tirés, et ce samedi encore, les autorités russes ont interpellé et expulsé le consul ukrainien basé à Saint-Pétersbourg. A l’est de l’Ukraine, dans le Donbass, la situation est également toujours tendue. Désormais, les belligérants, l’armée ukrainienne, les séparatistes et les forces russes qui assistent ces derniers, ne respectent plus le cessez-le feu.

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avec notre envoyé spécial aux portes de Donetsk, Stéphane Siohan

A seulement 600 mètres des tranchées séparatistes, la nuit a été très agitée pour cette brigade de l’armée ukrainienne qui tient depuis des années une position fortifiée juste à la sortie de Donetsk.

Sergiy, 59 ans, un maire de village du centre de l’Ukraine, s’est réengagé dans l’armée il y a cinq ans. Derrière des sacs de sable, le professeur, comme ses jeunes compagnons l’appellent, voit la situation se dégrader. « La nouvelle stratégie de l’ennemi, c’est les groupes de snipers, et les drones qui larguent des grenades. Mais tant qu’il n’y a pas de menace directe pour l’intégrité des soldats, je n’ai pas le droit d’ouvrir le feu, même pour protéger ma propre vie. »                                                                   

En réalité, dès que l’ennemi tire à la mitrailleuse ou envoie des obus, les Ukrainiens répliquent. Et hier, samedi soir, les deux camps se sont affrontés au canon de 120 millimètres.

Dmytro, un soldat de 37 ans, originaire de Lviv, à l’ouest de l’Ukraine, ne se fait plus d’illusions. « En 2014, je me souviens comment l’armée régulière russe est intervenue, et ce qui s’est passé après. Là, c’est peut-être différent, peut-être juste une démonstration de force, ou bien il y aura une vraie invasion. Mais on est prêts à affronter une invasion. Je crois que tôt ou tard la guerre reprendra à un niveau inconnu jusque-à. »

A l’arrière du front, les officiers ukrainiens répètent que le cessez-le-feu est l’ultime priorité, mais sur la première ligne, les soldats, quant à eux, se préparent à toutes les éventualités.

Les forces ukrainiennes affrontent les rebelles prorusses dans cette région depuis 2014, dans une guerre qui a fait plus de 13.000 morts. Après des mois de relative accalmie, les violences ont considérablement augmenté depuis le début de l'année. Depuis la fin mars, et l'envoi de blindés et de navires par la Russie à proximité de la frontière ukrainienne, la tension ne cesse de monter entre la Russie et l'Ukraine, ainsi que ses partenaires, l'Union européenne et les États-Unis.

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Ukraine: Donetsk, ville marquée par les stigmates des combats de 2014 opposant l'armée ukrainienne et les indépendantistes.
Ukraine: Donetsk, ville marquée par les stigmates des combats de 2014 opposant l'armée ukrainienne et les indépendantistes. Valentin Sprinchak/TASS - Valentin Sprinchak

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