Biélorussie: le président Loukachenko a-t-il été victime d'une «tentative de coup d'État»?

Alexandre Loukachenko a assuré dimanche avoir déjoué une tentative de coup d'État et d'assassinat.
Alexandre Loukachenko a assuré dimanche avoir déjoué une tentative de coup d'État et d'assassinat. AP - Sergei Sheleg

En Biélorussie, le président Alexandre Loukachenko a assuré dimanche 18 avril avoir déjoué une tentative de coup d'État et d'assassinat, orchestrée, selon lui, par les États-Unis. Il a annoncé l'arrestation de deux personnes avec l'aide de Moscou. Le président biélorusse est confronté depuis des mois à un mouvement de protestation inédit depuis sa réélection jugée frauduleuse en août dernier et s'est rapidement rapproché de Moscou. Avec ces nouvelles accusations, l'homme fort de Minsk accroît sa répression.

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Le président biélorusse s'est appuyé sur ses services de sécurité qui ont assuré avoir démantelé un « groupe d'orientation terroriste ». Ils accusent ce groupe d'avoir planifié l'assassinat d'Alexandre Loukachenko et sa famille, et d'avoir organisé une rébellion armée.

Deux citoyens biélorusses ont été arrêtés à Moscou par les forces de sécurité russes mercredi 14 avril, en lien avec cette affaire. Selon les autorités biélorusses, les deux hommes s'étaient retrouvés à Moscou pour préparer leur opération.

Démenti des autorités américaines

L'un des hommes arrêtés en lien avec cette affaire est le politologue Alexandre Fedouta. Il était l'ancien porte-parole d'Alexandre Loukachenko, mais il a rejoint l'opposition. Le deuxième, Youri Zenkovitch, est avocat. Il était auparavant chef régional d'un parti d'opposition. Et il a aussi la nationalité américaine.

C'est ce détail qui a poussé Alexandre Loukachenko à accuser la CIA ou le FBI d'avoir fomenté cette opération. De leur côté, les autorités américaines ont rejeté ces accusations. Selon les médias russes, les deux hommes risquent jusqu'à 12 ans de prison.

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Washington réimpose des sanctions en réponse à la répression

Ce lundi, les États-Unis ont mis à exécution leur menace de réimposer des sanctions à neuf entreprises publiques de Biélorussie en réponse à la répression des manifestations pro-démocratie.

Dans le sillage de la contestation de la réélection « frauduleuse » du président Alexandre Loukachenko en août, « il y a plus de 340 prisonniers politiques actuellement détenus », a déploré le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken dans un communiqué, appelant une fois de plus Minsk à les « libérer immédiatement et sans conditions ». « Face à la forte détérioration de la situation des droits humains », le gouvernement américain a décidé d'empêcher à nouveau toute transaction avec ces neufs sociétés pétrochimiques et industrielles, dont le holding pétrolier Belneftekhim, a-t-il ajouté.

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