Russie: l'opposant Alexeï Navalny annonce l'arrêt de sa grève de la faim

L'opposant russe Alexeï Navalny lors de son procès à Mosocu le 20 février 2021.
L'opposant russe Alexeï Navalny lors de son procès à Mosocu le 20 février 2021. AP - Alexander Zemlianichenko

L'opposant russe emprisonné Alexeï Navalny a annoncé ce vendredi 23 avril cesser sa grève de la faim débutée il y a trois semaines pour dénoncer ses conditions de détention, suscitant des inquiétudes pour sa santé et des tensions russo-occidentales. 

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La veille de l'annonce d'Alexeï Navalny, des médecins proches de lui, dont son médecin personnel, l'avaient exhorté à arrêter « immédiatement » sa grève de la faim, disant craindre sa mort ou des « dommages considérables » pour sa santé s'il continuait. « Je commence à mettre fin à ma grève de la faim », a écrit l'opposant de 44 ans, dans un message publié sur son compte Instagram ce vendredi 23 avril.

Alexeï Navalny avait cessé de s'alimenter le 31 mars pour protester contre ses conditions de détention, accusant l'administration pénitentiaire de le priver d'accès à un médecin alors qu'il souffre d'une double hernie discale, selon ses avocats.

L'opposant et adversaire le plus célèbre du Kremlin se plaignait aussi, avant sa grève de la faim, d'une perte de sensibilité aux jambes qui, selon lui, pourrait être une conséquence de l'empoisonnement dont il a été victime l'été dernier et dont il accuse le Kremlin. Selon son allié Leonid Volkov, qui s'exprimait jeudi soir, Alexeï Navalny a pu enfin être ausculté cette semaine dans un hôpital civil et son dossier médical a été transmis à ses docteurs.

« De grands progrès »

« Les médecins en qui je crois pleinement ont annoncé jeudi que nous avions atteint suffisamment de choses pour que je mette fin à ma grève de la faim », a écrit vendredi Alexeï Navalny. « Grâce au soutien énorme de bonnes personnes dans tout le pays et à l'étranger, nous avons fait de grands progrès. Il y a deux mois on riait au nez de mes demandes d'assistance médicale, on ne me donnait aucun médicament », a ajouté l'opposant.

L'opposant justifie aussi sa décision par le fait que plusieurs personnes, en Russie, aient décidé par solidarité de se mettre à leur tour en grève de la faim. « Je ne veux pas que ces gens éprouvent de la souffrance physique pour moi », indique-t-il.

Interrogé par RFI, le cardiologue Iaroslav Achikhmine, l’un des médecins personnels d’Alexeï Navalny, se dit soulagé par sa décision. « Je pense que c’est une décision raisonnable, parce que la grève de la faim faisait peser une grave menace sur son état de santé ». « Cela dit, Alexeï Navalny continue d’avoir des douleurs qu’il va falloir soulager, et dont il faut comprendre l’origine. Il n’y a pas eu de vrai diagnostic, alors qu’il continue de se plaindre de douleurs aux bras et aux jambes. Il faudrait réaliser une IRM et plusieurs analyses biochimiques pour comprendre ce qui se passe », poursuit le médecin.

Cette grève de la faim avait suscité l’indignation et l’inquiétude de ses partisans en Russie, mais aussi celles de nombreux gouvernements à l’étranger, notamment parmi les pays occidentaux qui menaçaient de nouvelles sanctions les autorités russes si celles-ci ne prenaient pas en compte l’état de santé de l’opposant, rappelle notre correspondant à Moscou, Daniel Vallot.

Mercredi soir, des milliers de ses partisans s'étaient réunis dans de nombreuses villes russes, des manifestations qui se sont soldées par plus de 1 900 interpellations.

(Avec AFP)

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