L'eurodéputé grec Ioannis Lagos, arrêté à Bruxelles, refuse d'être remis à Athènes

Ioannis Lagos, le 12 octobre 2020.
Ioannis Lagos, le 12 octobre 2020. Louisa Gouliamaki AFP/Archivos

Ioannis Lagos, eurodéputé d'extrême droite, a été condamné en Grèce à 13 ans et huit mois de réclusion pour « direction d'une organisation criminelle » et était visé par un mandat d'arrêt international. Il a été arrêté mardi 27 avril à Bruxelles.

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Ioannis Lagos, élu au Parlement européen en 2019, a comparu devant un juge belge auquel il a signifié son refus d'être extradé. Le juge d'instruction a décidé de le placer en détention, a précisé le parquet belge dans un communiqué. Dans un délai de quinze jours, la chambre du conseil du tribunal néerlandophone de Bruxelles, désormais chargée du contentieux, devra statuer sur l'exécution du mandat d'arrêt.

Immunité levée par le Parlement européen

Mardi 27 avril, la levée de son immunité parlementaire avait été votée et son arrestation à Bruxelles avait donc pu avoir lieu. « Il était impératif pour l'Union européenne de lever l'immunité de Ioannis Lagos afin qu'il puisse faire face à la justice de son pays. La condamnation prononcée par celle-ci est grave. L'impunité ne peut être tolérée », a écrit, dans un communiqué, l'eurodéputée française Marie Toussaint, rapporteur du Parlement européen sur ce dossier.

Depuis le verdict rendu par la cour pénale d'Athènes en octobre 2020, Ioannis Lagos vivait à Bruxelles, bénéficiant d'une immunité parlementaire. En juillet 2019, il avait été élu au Parlement européen sous la bannière d'Aube dorée, qu’il a ensuite quitté.

Meurtre de Pavlos Fyssas en septembre 2013

C’est en tant que cadre principal de ce parti néo-nazi que le député avait été jugé à Athènes, comme l’ensemble de la formation, après le meurtre d'un rappeur antifasciste, Pavlos Fyssas, en septembre 2013. Ioannis Lagos était, à cette époque, le chef local d'Aube dorée dans la zone, où le musicien a été tué. Au cours du procès fleuve, la mère de la victime avait déclaré que « rien n'aurait été fait sans l'approbation de Lagos ». 

L’eurodéputé grec, avant d'être arrêté, avait eu le temps de tweeter ce dernier message : « les voleurs, athées et anti-grecs m’emmènent en prison ».

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