Le Parlement européen clôt l'éprouvant feuilleton du Brexit avec le vote de l'accord commercial

Le chef de la «Task Force» de l'Union européenne sur les relations avec le Royaume-Uni, Michel Barnier, entouré de la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen (à dr.), lors du débat au Parlement européen sur l'accord commercial post-Brexit entre Bruxelles et Londres, le 27 avril 2021.
Le chef de la «Task Force» de l'Union européenne sur les relations avec le Royaume-Uni, Michel Barnier, entouré de la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen (à dr.), lors du débat au Parlement européen sur l'accord commercial post-Brexit entre Bruxelles et Londres, le 27 avril 2021. AFP - OLIVIER HOSLET

Le Parlement européen a approuvé l'accord commercial conclu par l'UE avec le Royaume-Uni, mettant un point final au douloureux chapitre du Brexit, dans un contexte toujours tendu entre Londres et Bruxelles, selon le résultat d'un vote officiellement annoncé ce mercredi 28 avril.

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À l'issue du scrutin, organisé mardi 27 avril au soir, 660 députés ont approuvé le texte, 5 s'y sont opposés et 32 se sont abstenus, sur 697 votants. Ce traité « marque le fondement d'un partenariat fort et étroit avec le Royaume-Uni », a réagi la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, sur Twitter. 

« Une mise en œuvre fidèle est essentielle », a cependant insisté Ursula von der Leyen, qui a déjà assuré que l'UE « n'hésiterait » pas, « si nécessaire », à utiliser contre Londres les mesures de compensation unilatérales prévues par l'accord. Le président du Conseil européen, Charles Michel, a, lui, salué le début d'une « nouvelle ère ».

De son côté, le Premier ministre britannique, Boris Johnson, a évoqué « la dernière étape d'un long voyage » entre deux partenaires commerciaux d'une « importance vitale, alliés proches et égaux souverains ». « Il est maintenant temps de se tourner vers l'avenir et de construire un Royaume-Uni plus global », a ajouté le dirigeant conservateur.

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« Erreur historique »

Le feu vert des eurodéputés sur l'accord commercial conclu in extremis le 24 décembre dernier était devenu urgent : l'application provisoire du texte, effective depuis le début de l'année, s'achève ce vendredi 30 avril. Et le Royaume-Uni avait exclu toute prolongation.

Le scrutin, après un débat parlementaire de cinq heures, s'est accompagné du vote d'une résolution non contraignante, dans laquelle les élus qualifient le Brexit d'« erreur historique ».

Ils demandent aussi à être pleinement associés aux futurs échanges avec Londres sur la gouvernance de cet accord de 1 250 pages, ce qu'a promis mardi Ursula von der Leyen.

Crise de confiance et menace de rétorsions

Les relations entre Londres et Bruxelles ont été profondément affectées par la décision britannique de quitter le marché unique. Officielle depuis le 31 janvier 2020, elle est effective seulement depuis le début de l'année.

Sur le plan des échanges, les exportations européennes vers le Royaume-Uni ont reculé de 20,2%, quand les importations britanniques dans l'UE ont baissé de 47% au cours des deux premiers mois de 2021, selon Eurostat.

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À cela s'ajoute une crise de confiance entre les deux partenaires, après plusieurs décisions de Downing Street remettant en cause le précédent accord conclu avec l'UE, le traité de 2019 sur le Brexit, qui organise le divorce.

Les Européens reprochent notamment à Londres d'avoir violé le protocole irlandais contenu dans ce premier traité, en reportant certains contrôles douaniers censés être menés entre la province britannique d'Irlande du Nord et le reste du Royaume-Uni, afin d'éviter le retour d'une frontière sur l'île d'Irlande.

En signe de protestation, les eurodéputés ont longtemps retardé le moment de fixer une date pour donner leur feu vert à l'accord commercial.

D'autres points de friction restent en suspens des deux côtés de la Manche, comme le récent différend sur l'approvisionnement en vaccins AstraZeneca, ou encore la menace ce mardi de la France de prendre des « mesures de rétorsion » contre les services financiers britanniques si l'accord post-Brexit sur la pêche n'était pas mis en œuvre.

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