Reportage

Covid-19: la Turquie entame un confinement «total» de 17 jours

Des Stambouliotes font leurs courses au marché à quelques heures de l'entrée en vigueur d'un nouveau confinement de 17 jours en Turquie le 29 avril 2021.
Des Stambouliotes font leurs courses au marché à quelques heures de l'entrée en vigueur d'un nouveau confinement de 17 jours en Turquie le 29 avril 2021. AP - Emrah Gurel

La Turquie est entrée ce jeudi soir dans un confinement de 17 jours qualifié de « total ». Jusqu’au 17 mai, sauf exceptions, les Turcs ne peuvent plus sortir que pour faire leurs courses dans les commerces alimentaires – les seuls autorisés à demeurer ouverts, entre 10h et 17h. Ces mesures inédites visent à endiguer la propagation de l'épidémie de coronavirus après une explosion du nombre des cas quotidiens.

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Avec notre correspondante à Istanbul, Anne Andlauer

Hasan, barbier depuis 35 ans dans le même quartier d’Istanbul, a fermé sa boutique comme tous les commerces de Turquie jugés « non essentiels ». Mais le barbier, très endetté, ne sait pas s’il pourra rouvrir à l’issue de ce confinement. « Je suis extrêmement inquiet. Sur un an, j’ai perdu 70 % de ma clientèle, déplore-t-il. Et maintenant, fermeture totale ! Financièrement, c’est intenable. À cause de la pandémie, je gagne ma vie au jour le jour. Si je travaille, je mange. Si je ferme, je ne sais pas ce que je vais manger. »

Le gouvernement turc, qui a promis de verser des aides, espère que ce confinement strict sera aussi le dernier. L’objectif est de faire passer le nombre de nouveaux cas de Covid-19 sous la barre des 5 000 par jour, contre plus de 40 000 actuellement.

Recep Koç, un responsable de la Chambre des médecins d’Istanbul, n’est pas convaincu par ce qu’il qualifie de « demi-mesures ». « Ce mois-ci, la Turquie a connu un pic épidémique jamais vu. Donc c’est trop tard, trop peu… Nous avions réclamé quatre semaines de confinement. Et puis les gens n’en peuvent plus ! Depuis un an, on ferme, on ouvre, on ferme, on ouvre… Je vois chez mes patients cet effet paradoxal : d’un côté, ils n’ont plus confiance dans les mesures de confinement. De l’autre, l’arrivée des vaccins incite au relâchement. »

Ce médecin de famille est d’autant plus inquiet que la campagne de vaccination est plus lente qu’annoncée. À ce jour, 13 millions et demi de Turcs ont reçu au moins une dose. Soit 16 % de la population. 

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