Les indépendantistes écossais visent la majorité absolue lors des législatives


Sturgeon espère une majorité au parlement décentralisé d'Édimbourg pour soutenir son projet de deuxième référendum d'ici la fin de 2023.
Sturgeon espère une majorité au parlement décentralisé d'Édimbourg pour soutenir son projet de deuxième référendum d'ici la fin de 2023. RUSSELL CHEYNE POOL/AFP/File

Les Écossais renouvellent jeudi 6 mai leur Parlement local. Grand favori, le parti indépendantiste du SNP dirigé par la Première ministre Nicola Sturgeon espère conforter sa majorité, voire atteindre une majorité absolue pour exiger un nouveau référendum d’autodétermination. Va-t-elle réussir son pari alors que la pandémie et le Brexit sont venus brouiller les pistes ?

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Avec notre correspondante à Londres, Muriel Delcroix

La campagne en Écosse a été centrée sur l’indépendance, mais dans le contexte de la pandémie, des électeurs inquiets pour l’avenir ont montré très peu d’appétit pour un second référendum. Une autre difficulté inattendue est que le Brexit, loin de décupler le soutien des Écossais en faveur de l’indépendance, a eu un effet inhibiteur, selon James Mitchell, spécialiste du mouvement indépendantiste à l’université d’Édimbourg :

« Le Brexit s’est avéré un facteur déstabilisant et les gens craignent désormais d’autres changements qui pourraient l’être tout autant. Si par exemple l’Écosse devient indépendante, et redevient membre de l’Union européenne, il faudra des barrières à la frontière avec l’Angleterre et ça sera un casse-tête pour le SNP… »

Boris Johnson, soutien du SNP, malgré lui

Difficile donc de prévoir avec certitude si le SNP parviendra à rafler une majorité de sièges au Parlement de Holyrood. Un homme pourrait pourtant les y aider, bien malgré lui : « Boris Johnson est le plus beau cadeau que pouvait imaginer le SNP. Il est perçu comme quelqu’un qui ne comprend pas l’Écosse, qui ne s’y intéresse pas. Si l’Écosse vote pour l’indépendance, il faudra ériger une statue à Boris Johnson comme LA personne qui aura créé l’Écosse libre ! »

Le Premier ministre britannique a d’ailleurs soigneusement évité de venir soutenir les conservateurs écossais de peur de les pénaliser. Nicola Sturgeon a, quant à elle, donné la priorité à la gestion de la pandémie avant de songer à l’organisation d’un second référendum.

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