Géorgie: l'UE paie la caution pour la libération de l'opposant Nika Melia

Nika Melia, dirigeant de la principale force d'opposition de Géorgie, avait été arrêté le 23 février 2021 à l'issue d'une spectaculaire opération de police dans les locaux de sa formation, où il s'était retranché.
Nika Melia, dirigeant de la principale force d'opposition de Géorgie, avait été arrêté le 23 février 2021 à l'issue d'une spectaculaire opération de police dans les locaux de sa formation, où il s'était retranché. REUTERS - IRAKLI GEDENIDZE

L'Union européenne annonce avoir payé la caution de Nika Melia emprisonné depuis février dernier. Si l'on ignore encore la date de la libération de l'opposant géorgien, ce geste s'inscrit dans le cadre des efforts de l'Union européenne pour tenter de résoudre la crise politique en Géorgie. 

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Neuf mille cinq cent cinquante euros, le prix de la liberté pour Nika Melia. Cette caution a été versée quelques semaines après la signature d'un accord entre l'opposition géorgienne et le parti au pouvoir sous la médiation de l'Union européenne.

Nika Melia a été arrêté en février alors qu'il était accusé d'avoir organisé des « émeutes de masse » en Géorgie ces dernières années. Son arrestation a eu lieu en pleine crise politique puisque les élections législatives d'octobre 2020 ont officiellement été remportées par le parti au pouvoir mais contestées par l'opposition qui dénonce des fraudes.

Le Mouvement national uni (MNU), la formation politique de Nika Melia, attend désormais la libération de l'opposant. 

L'opposition géorgienne et le pouvoir doivent « travailler dur » sur des réformes, avait lancé le président du Conseil européen Charles Michel, le mois dernier. Celui-ci s'est investi au nom des Vingt-Sept, pour tenter de trouver une issue à la crise en Géorgie,  ancienne République soviétique qui souhaite rejoindre un jour l'Union européenne.

► À lire aussi : Géorgie: l’UE négocie un accord et veut croire à une sortie de la crise électorale

Jusqu'ici Nika Mélia, 41 ans, avait adopté une position de principe : rester en prison, tant que les charges « politiques » qui lui sont imposées ne seraient pas levées, rapporte notre correspondant à Tbilissi, Régis Genté. Pour beaucoup dans l’opposition géorgienne, l’accord obtenu par Charles Michel est donc superficiel et ne traite pas les causes des crises politiques qui secouent l’ex-république soviétique, depuis deux ans.

L’accord obtenu par le Président du Conseil Européen permet d’éteindre la crise actuelle. Les députés d’opposition vont siéger, après l’avoir refusé depuis les élections parlementaires du 31 octobre dernier qu’ils jugent falsifiées, mais la défiance entre l’opposition et le parti au pouvoir, le « Rêve géorgien » de l’oligarque Bidzina Ivanichvili, reste profonde.

Les opposants reprochent à ce dernier une attitude ambigüe à l’égard de la Russie, qui occupe 20% du territoire national, et le contrôle qu’il s’est arrogé sur les institutions politiques géorgiennes.

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