Conférence pour l'avenir de l'Europe: Macron défend sa vision du futur pour les Vingt-Sept

Emmanuel Macron lors de son discours à l'ouverture de la Conférence de l'avenir de l'Europe à Strasbourg le 9 mai 2021.
Emmanuel Macron lors de son discours à l'ouverture de la Conférence de l'avenir de l'Europe à Strasbourg le 9 mai 2021. AP - Jean-Francois Badias

Le président français Emmanuel Macron a plaidé dimanche pour une Union européenne plus agile, décidant « plus vite et plus fort », à l'occasion du lancement à Strasbourg de la Conférence sur l'avenir de l'Europe, une vaste consultation citoyenne via une plateforme en ligne.

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Initiative portée par Emmanuel Macron, cette conférence doit déboucher sur des conclusions au printemps 2022, quand la France assumera la présidence tournante de l'UE. Un calendrier qui tombe à pic pour le président français qui compte faire de sa présidence de l'UE un atout pour la présidentielle de mai 2022.

« Face à l'autoritarisme, la seule réponse qui vaille est l'autorité de la démocratie » qui « ne se gagne que par l'efficacité et la vitesse », a-t-il avancé depuis l'hémicycle clairsemé du siège du Parlement européen à Strasbourg, transformé pour l'occasion en une sorte de plateau télévisé.

« On ne peut pas avoir un modèle solidaire si on ne produit pas et si on ne décide pas de défendre la souveraineté de notre espace » a insisté Emmanuel Macron dans l’hémicycle strasbourgeois. 

« Le cœur de la démocratie européenne »

Le président français a profité aussi de sa présence à Strasbourg pour souligner face aux chefs des institutions européennes le « symbole vivant » représenté par cette ville dans l'histoire de la construction européenne. « C'est ici que bat le cœur de la démocratie européenne », a-t-il affirmé, alors que le siège strasbourgeois du Parlement européen est déserté depuis février 2020 par les eurodéputés en raison de la crise sanitaire, au profit de Bruxelles et au grand dam de le France.

Le président de l'institution, l'Italien David Sassoli, a déclaré « ne pas dout(er) que le Parlement européen pourra revenir très bientôt à Strasbourg » mais sans avancer de date alors qu'Emmanuel Macron a souhaité que la session plénière de juin marque son retour dans la capitale alsacienne.

Une promesse qui est un message positif, mais l’eurodéputée Fabienne Keller, ancienne maire de Strasbourg, attend plus, rapporte notre envoyée spéciale à Strasbourg Anastasia Becchio : « Des actes, des preuves d’amour. Juin est l’échéance espérée pour le retour des sessions à Strasbourg. Cela est possible, la situation sanitaire est meilleure à Strasbourg qu’à Bruxelles. Il n’y a plus de raison que la vie normale au fond du Parlement européen ne reprenne pas son cours et qu’en quelque sorte, le Parlement se déconfine. »

Appelant « au retour des grands projets », le président français a donné le coup d'envoi de la conférence, estimant qu'elle représentait « un exercice inédit » pour « envisager notre avenir » dans les dix prochaines années. Cette consultation démocratique, avec une plateforme en ligne qui doit permettre aux citoyens européens de partager leur vision du futur de l'Europe et être complétée en France par des consultations citoyennes, doit s'étendre sur une année.

Quelle participation des citoyens ?

En dépit des âpres négociations entre institutions qui ont jeté le doute sur la volonté de l'UE de tirer de tout ce processus de véritables orientations politiques, Emmanuel Macron tout comme les dirigeants de l'UE ont assuré dimanche qu'ils tiendraient compte des propositions des citoyens. Cette conférence « ne doit pas rester un exercice centré à Bruxelles », a considéré le Premier ministre portugais Antonio Costa, dont le pays préside actuellement l'UE.

Les jeunes européens ont été appelés avec insistance à se saisir de cette conférence. « Nous sommes à un moment particulièrement important pour les jeunes, pour qu'ils puissent s'exprimer », a déclaré Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne. « Cette pandémie leur a volé plus d’une année. Pour la première fois en une génération, plus de gens s’inquiètent que leurs enfants auront une moins bonne vie qu’eux. Cela montre que nous avons besoin de nouvelles formes de solidarité et de justice sociale entre les générations », a-t-elle ajouté.

Mais la principale inconnue demeure précisément la participation des citoyens au débat, après une précédente consultation en 2018 qui s'était perdue dans les limbes et une initiative du même ordre en 2002 qui avait accouché du projet de constitution européenne anéanti par le « non » des référendums français et néerlandais.

(avec AFP)

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