L'Irlande va permettre aux enfants adoptés d'accéder à leurs origines

En Irlande, le gouvernement vient de valider un projet de loi visant à permettre aux personnes adoptées en quête de leurs origines d'accéder aux informations les concernant.
En Irlande, le gouvernement vient de valider un projet de loi visant à permettre aux personnes adoptées en quête de leurs origines d'accéder aux informations les concernant. © Getty Images/Karl Tapales

L’heure, le lieu de votre naissance, les premiers jours de votre vie, des informations banales pour beaucoup. En Irlande, les personnes adoptées n’y ont pas accès, ni à leur certificat de naissance, jusqu’à maintenant. Le gouvernement irlandais vient de valider un projet de loi visant à leur donner le droit à leurs origines. C’était une demande de longue date. 

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Avec notre correspondante à Dublin, Emeline Vin

Refus répétés de l’administration, délais d’attente, Noelle Brown aura mis 17 ans à connaître l’identité de ses parents biologiques. « C’est toujours tabou, déplore-t-elle. Je n’ai eu de réponse qu’en 2019, parce que j’ai fait une recherche ADN. Que ça prenne autant de temps, c’est inconcevable. » 

La quinquagénaire aurait voulu obtenir son certificat de naissance et surtout ses antécédents médicaux. « J’en avais vraiment marre de toujours répondre "je ne sais pas" quand mon médecin me demandait si j’avais des antécédents. Je me posais beaucoup de questions. Quand vous ne savez pas de quel ADN vous avez hérité, vous avez une perception différente de vous-même. Tout commence avec votre ADN », assure-t-elle.

Face à ce droit aux origines, il y a le droit des parents biologiques de ne pas être contacté. « Si un parent biologique a indiqué ne pas vouloir être contacté, la personne adoptée devra rencontrer une assistante sociale qui lui expliquera l’importance du respect de la vie privée de ses parents. Les informations complètes lui seront ensuite transmises. Il n’y aura pas de poursuite le cas échéant, je ne veux pas faire des adoptés de potentiels délinquants », souligne le ministre de l’Enfance, Roderic O’Gorman, interviewé par la radio nationale RTE.  

Les défenseurs des droits des personnes adoptées espèrent que cette mesure jugée infantilisante sera retirée lors de l’examen au Parlement. 

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