David Cameron dément avoir été motivé par l'argent pour le lobbying de Greensill

L'ancien Premier ministre britannique David Cameron à Londres, en Grande-Bretagne, le 12 mai 2021.
L'ancien Premier ministre britannique David Cameron à Londres, en Grande-Bretagne, le 12 mai 2021. REUTERS - HANNAH MCKAY

Éclaboussé par un scandale d’influence au cœur de Downing Street, David Cameron a été entendu par une commission parlementaire jeudi après-midi. L’ancien Premier ministre britannique s’est défendu d’avoir enfreint les règles avec ses activités de lobbyisme pour le compte de Greensill, une société financière qui a depuis fait faillite. Néanmoins, ses dénégations sont loin d’avoir convaincu les députés et l’affaire a ravivé le débat sur les relations entre le pouvoir politique et financier.

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Avec notre correspondante à Londres, Muriel Delcroix

Durant plus de deux heures les députés de la commission ont poussé dans ses retranchements un David Cameron sur la défensive : « N’avez-vous pas le sentiment de vous être humilié en tentant d’amadouer des ministères à coup de messages WhatsApp ? » La pique a été lancée par une députée travailliste excédée ; elle a rappelé que l’an dernier en pleine pandémie, David Cameron, alors conseiller de Greensill n’avait pas hésité à ressortir son carnet d’adresses pour bombarder de mails et messages ses anciens collègues et notamment l’actuel ministre de l’Économie.

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Rishi Sunak a d’ailleurs depuis admis avoir fait pression sur ses équipes pour examiner la requête de l‘ancien dirigeant qui voulait que Greensill bénéficie de l’aide gouvernementale accordée aux PME touchées par la crise. Au final, David Cameron n’a pas eu gain de cause et s’est défendu durant son audition d’avoir agi illégalement tout en reconnaissant qu’il aurait pu agir autrement. Il a également nié avoir un intérêt financier personnel dans l’affaire et être au courant des déboires de Greensill qui s’est depuis effondrée.

Mais ses activités de lobbyisme soulèvent désormais de vives interrogations quant à la pertinence pour les anciens dirigeants politiques d’utiliser leur statut pour tenter d’influencer le gouvernement au pouvoir.

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