REVUE DE PRESSE DES BALKANS

À la Une: Palestine, la tragédie de Gaza divise la Bosnie-Herzégovine et le Kosovo

Deux Albanais du Kosovo arborent un drapeau palestinien dans les rues de Pristina, au Kosovo, le 14 mai 2021.
Deux Albanais du Kosovo arborent un drapeau palestinien dans les rues de Pristina, au Kosovo, le 14 mai 2021. © Armend NIMANI AFP

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Sarajevo aux couleurs de la Palestine, Banja Luka à celles d’Israël. Les tragiques événements de Gaza ravivent les divisions politiques en Bosnie-Herzégovine. Si la Yougoslavie non-alignée était l’un des principaux défenseurs la Palestine, cette tradition est aujourd’hui bien oubliée. Les pays des Balkans sont en effet passés du soutien à la Palestine à la défense d’Israël. C’est le cas notamment du Kosovo où le gouvernement dirigé par Vetëvendosje évoque « le droit d’Israël à se défendre », alors qu’en 2014, le même parti dénonçait les massacres des civils palestiniens à Gaza. Pristina a d’ailleurs déplacé son ambassade à Jérusalem, tout comme Bucarest, et Belgrade devrait bientôt lui emboîter le pas, quitte à se mettre à dos le monde arabe, mais aussi l’Union européenne.

En Croatie, après la victoire écrasante aux élections locales de Tomislav Tomašević, un militant écologiste de terrain candidat à la mairie de la capitale, Zagreb se met à l’heure de Gauche verte, provoquant une onde de choc régionale. En Serbie, cette victoire a été saluée par le mouvement Ne Davimo Beograd et au Monténégro par le mouvement civique URA qui participe à la coalition au pouvoir. Une vague verte est-elle en train de gagner les Balkans ?

Il y a quinze ans, le 21 mai 2006, le Monténégro retrouvait son indépendance. Le pays, qui a obtenu le statut de candidat à l’intégration européenne dès novembre 2010, a connu la première alternance démocratique de son histoire le 30 août 2020. Saura-t-il enfin dépasser les problèmes structurels qui le rongent, comme la corruption et le crime organisé ? Pour Dritan Abazović, le dirigeant du mouvement civique URA, « l’essentiel est de commencer à démanteler le système Đukanović », qui a régné 30 ans au mépris de l’État de droit.

On ne s’égorge jamais aussi bien qu’entre amis. En Serbie, l’autoritaire Président Vučić a lancé la curée contre son ministre de la Défense, Nebojša Stefanović, longtemps détenteur du portefeuille de l’Intérieur, mais en conflit avec Andrej, le tout-puissant frère du président. Des règlements de compte familiaux au sein du Parti progressiste serbe (SNS). Pendant ce temps, l’actuel ministre de l’Intérieur Aleksandar Vulin multiplie les provocations à l’encontre des pays voisins. Dernier concept en date : le « monde serbe », une expression qui rappelle furieusement la Grande Serbie de Milosevic. Petite lueur d’espoir toutefois : alors que la liberté de la presse ne cesse de se dégrader dans le pays, six associations professionnelles ont signé un mémorandum pour une Coalition des médias libres. Objectif : renforcer les institutions et défendre « une information publique gratuite » dans l’intérêt des citoyens.

Cinéma. « Qui chante là-bas », de Slobodan Šijan, est un road-movie dans le sillage du néo-réalisme et de la comédie italienne. Sorti en Yougoslavie en 1980, le revoilà de nouveau en salle en France depuis le 19 mai dans une version restaurée. « Qui chante là-bas » ou l’éternelle jeunesse d’un film archi-culte dans les Balkans.

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