Les relations économiques Biélorussie-UE au gré des sanctions

Parmi les pays d'ex-URSS, seule la Biélorussie, dirigée par Alexandre Loukachenko, continue à pratiquer la peine de mort, après son abolition par le Kazakhstan le 2 janvier 2020.
Parmi les pays d'ex-URSS, seule la Biélorussie, dirigée par Alexandre Loukachenko, continue à pratiquer la peine de mort, après son abolition par le Kazakhstan le 2 janvier 2020. via REUTERS - POOL

Pour punir le régime d'Alexandre Loukachenko du détournement de l'avion de Ryanair, l’Union européenne a annoncé lundi soir des mesures de rétorsion économique comme le gel d'une enveloppe financière et la fermeture de son espace aérien aux avions biélorusses. Les relations entre Bruxelles et Minsk sont régulièrement agitées par des menaces de sanctions. 

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Le président français Emmanuel Macron a affirmé mardi à Bruxelles que l'UE avait « besoin de recadrer très profondément » sa relation avec Moscou et que « la politique des sanctions » était arrivée à ses « limites », envers la Russie comme envers la Biélorussie.

Cette violation du droit international appelait à une condamnation, et une réaction la plus ferme possible…

Emmanuel Macron

En terme de valeur et de volume, la Russie est de loin le premier partenaire économique et commercial de la Biélorussie. L'Union européenne, elle, arrive en deuxième position. Ce qui lui laisse tout de même une marge de manœuvre pour aller encore plus loin dans les sanctions contre le régime de Loukachenko.

La Biélorussie exporte vers l’espace européen essentiellement des produits pétroliers raffinés. Une interdiction d’achat de ces produits priverait Minsk d’une source en devises.

L’Union européenne est aussi le deuxième fournisseur de la Biélorussie, en 2019 les exportations européennes s’élevaient à 7,3 milliards de dollars : la Biélorussie importe principalement des produits en provenance d’Allemagne, de Pologne et d’Italie. Il s’agit de machines, d’équipements, du matériel de transports et de produits pharmaceutiques.

Un embargo sur tous ces échanges mettrait à mal le régime en place, même s’il peut toujours compter sur son grand voisin russe.

L'indignation des capitales européennes, après l'escale forcée de l'avion de Ryanair dimanche, a été unanime. Au premier jour de leur sommet, les chefs d'État et de gouvernement de l'UE se sont rapidement accordés lundi soir sur un nouveau train de sanctions contre la Biélorussie.

Nouveau train parce que depuis 2006, des sanctions contre les responsables politiques ont été successivement prises puis allégées au gré de la répression du régime de Viktor Loukachenko contre ses opposants et de l'allègement de cette dernière. C'est ainsi qu'en 2016, les Européens, tablant sur une possible alternance politique, avaient même levé les sanctions en vigueur... avant de les rétablir.

En novembre 2020, l'Union européenne a lancé une procédure de sanctions contre le président biélorusse Alexandre Loukachenko, son fils Viktor et treize autres responsables de la répression menée dans ce pays. 

À lire aussi :l'UE s'accorde sur des sanctions contre Alexandre Loukachenko

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