«Relation spéciale»? Premier tête-à-tête Biden-Johnson sur fond de tensions liées au Brexit

Le président américain, Joe Biden, et le Premier ministre britannique, Boris Johnson. Pour les deux hommes qui se rencontrent pour la première fois, il s’agit de réaffirmer les liens forts entre leur pays en tenant compte de la nouvelle réalité post-Brexit.
Le président américain, Joe Biden, et le Premier ministre britannique, Boris Johnson. Pour les deux hommes qui se rencontrent pour la première fois, il s’agit de réaffirmer les liens forts entre leur pays en tenant compte de la nouvelle réalité post-Brexit. AFP - NICHOLAS KAMM,TOBY MELVILLE

Joe Biden est arrivé, mercredi 9 juin au soir, au Royaume-Uni pour son premier voyage à l’étranger en tant que président des États-Unis. Jeudi après-midi 10 juin, le dirigeant américain sera reçu par le Premier ministre Boris Johnson en Cornouailles, à la veille d’un sommet du G7 consacré, entre autres, à la pandémie de Covid-19 et à la crise climatique. Pour les deux hommes qui se rencontrent pour la première fois, il s’agit de réaffirmer les liens forts entre leur pays en tenant compte de la nouvelle réalité post-Brexit.

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Avec notre correspondante à Londres, Muriel Delcroix

Après les petites phrases peu élogieuses de Joe Biden à l’égard de Boris Johnson qu’il avait qualifié de « mini-Trump », l’enjeu pour les deux hommes est de repartir sur de bonnes bases.

Pour cela, le président américain a déjà pris soin de réaffirmer la fameuse « relation spéciale » à laquelle tiennent tant les Britanniques. Mais l’expression déplaît à Boris Johnson, car elle place, selon lui, le Royaume-Uni en position de faiblesse, de quémandeur. Le Premier ministre britannique, qui veut promouvoir le concept de « Grande-Bretagne Globale », voit, lui, plus grand. D’où l’idée d’une nouvelle « Charte de l’Atlantique » sur le modèle de la déclaration historique de Franklin Roosevelt et Winston Churchill en 1941, qui jetait les fondements d’une nouvelle politique internationale après la Seconde Guerre mondiale.

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Engagements post-Brexit et l'épine nord-irlandaise

Dans la version 2021, les deux dirigeants s’engageront à « combiner leurs forces pour venir à bout des énormes défis de la planète, que ce soit la défense de la démocratie, la sécurité, la lutte contre le changement climatique ou la reprise après la pandémie ». 

Pragmatique, Joe Biden semble prêt à jouer le jeu malgré le déséquilibre entre les deux puissances. Mais en contrepartie, le président américain pourrait faire pression en privé sur Londres pour honorer ses engagements post-Brexit en Irlande du Nord. Le quotidien The Times affichait en Une ce jeudi un scoop explosif : l’intervention de la plus haute diplomate américaine en poste à Londres qui, lors d’une réprimande rarissime faite à un allié, a accusé le gouvernement conservateur d’« attiser » par son attitude les tensions en Irlande du Nord.

Joe Biden, qui affiche fièrement ses origines irlandaises, a d’ailleurs prévu tout à l’heure d’insister auprès de Boris Johnson sur la nécessité de soutenir et de respecter le protocole nord-irlandais que Londres a signé avec Bruxelles. Et au cas où le message ne serait pas assez clair, la Maison Blanche a averti le gouvernement britannique que tout accroc à l’accord de paix du Vendredi saint pourrait compromettre la réussite d’un accord commercial entre les États-Unis et le Royaume-Uni.

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