Reportage

Législatives en Arménie: la démonstration de force de Pachinian en meeting

Le Premier ministre arménien Nikol Pashinian lors de son dernier meeting avant le scrutin, à Erevan, le 17 juin 2021.
Le Premier ministre arménien Nikol Pashinian lors de son dernier meeting avant le scrutin, à Erevan, le 17 juin 2021. via REUTERS - Vahram Baghdasaryan/Photolure

Le Premier ministre sortant, Nikol Pachinian a tenu ce jeudi soir dans la capitale arménienne son dernier rassemblement électoral avant les élections législatives anticipées. Une démonstration de force alors que les jeux restent très ouverts. 

Publicité

Ils sont environ 20 000 rassemblés ce jeudi sur la place centrale d'Erevan pour suivre le dernier rassemblement électoral de Nikol Pachinian avant les législatives. La voix éraillée, fatiguée après une campagne très offensive à travers le pays, le chef du gouvernement prend la parole devant la foule qui crie : « Nikol Premier ministre ! » 

Un slogan que Grigor Aprian a plus d’une fois scandé en 2018. « Au moment de la révolution, j’étais là aussi, dit-il au micro de notre envoyée spéciale, Anastasia BecchioEn votant Pachinian, on choisit la justice, parce que pendant 28 ans, on a vécu dans de très mauvaises conditions. La corruption était totale et bien sûr, les gens qui étaient responsables de la corruption sous Kotcharian veulent revenir au pouvoir pour pouvoir conserver ce qu’ils ont volé. » 

Accusé de « renversement de l'ordre constitutionnel » pour avoir truqué la présidentielle de 2008, l'ancien président Robert Kotcharian a été acquitté en avril. Il s’est alors lancé dans la course électorale, et se pose aujourd’hui en concurrent sérieux à Nikol Pachinian.

Si on en est arrivé là, c’est parce que le Premier ministre n’a pas réussi à réformer le système judiciaire encore placé entre les mains de l’ancien régime, regrette Marina Iratian. « Il fallait réformer. Tout le monde attendait ça. Mais c’est vrai que ça prend du temps, affirme-t-elle. Ce n’est pas facile de nettoyer les écuries d’Augias. Et puis, il y a eu aussi la guerre et le Covid. Tout cela a sans doute retardé le processus. »

Nikol Pachinian, un ancien journaliste de 46 ans, a été porté au pouvoir par une révolution pacifique sur la promesse de chasser les élites corrompues de cette petite ex-république soviétique du Caucase.

La défaite dans le Haut-Karabakh a sérieusement entamé la popularité du héros de la révolution de velours. Un cessez-le-feu a mis fin a six semaines de combats, qui ont fait près de 6 000 morts, mais Erevan a dû céder des territoires sous son contrôle depuis une trentaine d'années, décision qui a suscité d'importantes manifestations et des appels à la démission de Nikol Pachinian.

Face à cette mobilisation, mais aussi en raison d'un conflit avec l'état-major militaire, le Premier ministre, qualifié de « traître » par l'opposition, a fini par se résoudre à convoquer ces législatives anticipées qu’il n’est pas aujourd’hui pas sûr de remporter. 

À écouter aussi : Élections en Arménie: Nikol Pachinian, candidat sortant sous le feu des critiques

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail