Législatives en Arménie: remontée de l'Alliance de l'ancien président Kotcharian

L'ex-président Kotcharian à l'ouverture de son procès à Erevan, le lundi 13 mai 2019.
L'ex-président Kotcharian à l'ouverture de son procès à Erevan, le lundi 13 mai 2019. Vahram BAGHDASARYAN / AFP / PHOTOLURE

Les Arméniens sont appelés aux urnes dimanche 20 juin pour les élections anticipées convoquées sept mois après la défaite de l’Arménie contre l’Azerbaïdjan dans la guerre du Haut Karabakh. Parmi les concurrents les plus sérieux au Premier ministre sortant, Nikol Pachinian, l’ancien président Robert Kotcharian.

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Avec notre envoyée spéciale à Erevan, Anastasia Becchio

À l’arrivée de Nikol Pachinian au poste de chef du gouvernement, Kotcharian a été mis en examen et emprisonné à trois reprises, mais en avril, il a été acquitté. Aujourd’hui, son équipe met tous les moyens pour prendre sa revanche.

Ambiance studieuse dans les bureaux de l’Alliance Arménie. Les piles de tracts, appelant à un rassemblement ce vendredi soir à Erevan, attendent d’être distribués.

Le bras droit de Robert Kotcharian, Victor Sogomonyan, sort d’une conférence de presse. Face à un Nikol Pachinian adepte de langage fleuri, qui menace de « frapper contre le mur » les partisans de l’opposition qui tenteraient d’influencer illégalement le résultat des élections, ou qui brandit un marteau pour symboliser un « mandat d’acier » populaire dont il dit avoir besoin pour continuer à gouverner, le bloc Arménie veut se présenter comme plus pondéré : « Nous n’usons pas de violence verbale, nous ne dénigrons pas nos concurrents. Nous avons mené une campagne comme nous avions coutume d’en mener dans une Arménie civilisée avant l’arrivée au pouvoir d’un populiste. Nous sommes plutôt satisfaits de la tournure des choses. Notre popularité augmente et nous espérons gagner au premier tour. »

De 5% d’intentions de vote en avril, l’Alliance Arménie dépasse aujourd’hui les 20% talonnant désormais le Contrat civil de Nikol Pachinian. Les moyens déployés pour la campagne par les représentants de l’ancien régime, accusés de corruption, sont importants. L’ancien président, un proche de Vladimir Poutine, dispose d’une solide équipe, comme le souligne le politologue Hrant Mikaélian : « Il mène une campagne très professionnelle. Son équipe compte des experts en relations publiques, des communicants, de bons photographes : on voit que ce sont des professionnels. »

Ce vendredi soir, Robert Kotcharian réunira une dernière fois ses troupes sur la place de la République. Là même où la révolution menée par son ennemi Nikol Pachinian avait triomphé il y a trois ans.

► Réécouter : Arménie: ce qu’il y a derrière la crise politique

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