Reportage

Législatives en Arménie: l’opposant Robert Kotcharian réunit une dernière fois ses partisans

Ils étaient entre 20 000 et 40 000 à assister ce vendredi soir au dernier meeting de l'ancien président Robert Kotcharian avant les législatives de dimanche.
Ils étaient entre 20 000 et 40 000 à assister ce vendredi soir au dernier meeting de l'ancien président Robert Kotcharian avant les législatives de dimanche. AP - Sergei Grits

La campagne électorale a pris fin ce vendredi à minuit en Arménie, avant les élections législatives anticipées de dimanche. Parmi les concurrents les plus sérieux au Premier ministre sortant Nikol Pachinian, l’ancien président Robert Kotcharian. Il a tenu son dernier meeting sur la place de la République à Erevan.

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Devant une foule un peu plus nombreuse que celle rassemblée par Nikol Pachinian la veille – de 20 000 à 40 000 personnes, selon les estimations –, le principal candidat d'opposition Robert Kotcharian a réuni une dernière fois ses troupes ce vendredi soir avant le scrutin de dimanche. 

Entouré des candidats et de son équipe de campagne, Robert Kotcharian s’adresse à ses supporters en leur promettant une Arménie forte. Un slogan repris en chœur par la foule, rapporte notre envoyée spéciale à Erevan, Anastasia Becchio.

Les supporters sont de tous âges, dont des familles avec enfants. Vladimir est venu avec trois amis sur cette place de la République où il avait pourtant manifesté, il y a trois ans, pour Nikol Pachinian, contre les représentants de l’ancien régime.

« J’estime avoir été berné et j’en ai honte, confie-t-il. Aujourd’hui on fait confiance à Robert Kotcharian parce qu’il a beaucoup d’expérience. Le pouvoir actuel s’est totalement discrédité et en particulier, avec la défaite dans la guerre. Nikol Pachinian est tout simplement incompétent. Il ne peut pas diriger un État. »

L'Arménie a perdu une guerre contre l'Azerbaïdjan, ennemi héréditaire, en automne 2020. Après six semaines de combats qui ont fait près de 6 000 morts, Erevan a dû céder d'importants territoires qu'elle contrôlait depuis une première guerre dans les années 1990 autour du Haut-Karabakh, région sécessionniste azerbaïdjanaise majoritairement peuplée d'Arméniens.

Perçue comme une humiliation nationale en Arménie, cette défaite a déclenché une crise politique, forçant Nikol Pachinian, 46 ans, dont trois en poste, à convoquer des législatives anticipées dans l'espoir de faire baisser la tension et de renouveler son mandat. 

Quelques drapeaux russes

De la tribune, l’ancien président, âgé de 66 ans et qui a dirigé cette petite ex-république soviétique du Caucase de 1998 à 2008, répète ses priorités : la sécurité du pays et de ses frontières. Les manifestants agitent des drapeaux arméniens, mais aussi quelques drapeaux russes. Robert Kotcharian défend un rapprochement avec Moscou qu’il considère comme le seul garant de la sécurité dans le Caucase.

C’est aussi l’avis d’Armen Petrossian, un fonctionnaire du ministère des Transports. « Ça n’est pas un secret que Robert Kotcharian et Vladimir Poutine sont amis. Vladimir Poutine lui a souhaité la bonne année et aussi son anniversaire, il s’en souvient toujours. Cette belle amitié, c’est ce qui sauvera l’Arménie et tous les Arméniens qui ont de la jugeote », affirme-t-il.

Les rares sondages disponibles donnaient les formations de Robert Kotcharian et de Nikol Pachinian au coude à coude.

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