Espagne: les neuf dirigeants indépendantistes catalans graciés et libres

Jordi Cuixart, l'un des neuf indépendantistes graciés, à sa sortie de prison, le 23 juin 2021.
Jordi Cuixart, l'un des neuf indépendantistes graciés, à sa sortie de prison, le 23 juin 2021. AFP - JOSEP LAGO

Après plus de trois ans d'emprisonnement, les neuf anciens leaders indépendantistes condamnés à des peines d'entre 9 et 13 ans de prison sont sortis de prison à la mi-journée ce mercredi. Le gouvernement espagnol de Pedro Sanchez les a graciés mardi 22 juin.

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avec notre correspondante à Barcelone, Elise Gazengel  

Les neuf anciens leaders indépendantistes sont sortis de trois prisons catalanes différentes, mais tous et toutes ont eu la même réaction : des sourires d'abord en passant la porte puis beaucoup d'émotion en prenant dans leurs bras leurs proches, amis, collègues de partis, mais aussi quelques manifestants qui étaient venus les accueillir devant leurs établissements pénitentiaires, malgré la pluie. 

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Puis ils ont pris la parole, tour à tour, au milieu des applaudissements et des cris d'« indépendance », d'« amnistie » et de « nous le referons ». Tous ont tenu en effet à rappeler qu'ils n'abandonnent pas leurs opinions politiques, qu'ils continueront à lutter pour l'indépendance de la région même s'ils devront cette fois le faire en tant que simples militants puisqu'ils sont inéligibles pendant encore plusieurs années.

Certains ont voulu envoyer un message de soutien à leurs anciens collègues, ceux qui ont décidé de fuir à l'étranger en 2017 et pour qui, en revanche, la situation aujourd'hui n'a pas changé.

Une grâce globalement bien accueillie 

La mesure de grâce a été globalement bien accueillie par la population catalane ; rares sont ceux qui s'y sont opposés même si le camp indépendantiste estime qu'elle est insuffisante. Les sécessionnistes auraient préféré une amnistie pour leurs leaders pour lesquels cette grâce est conditionnée à ce qu'ils ne commettent aucun délit grave dans les prochaines années et ne se présentent à aucune élection puisque leur inéligibilité est maintenue.

L'exécutif régional lui reconnaît le geste, le « pas en avant » de Madrid, et garde en tête son objectif : l'organisation d'un référendum. 

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