La Hongrie et la Russie bousculent le Conseil européen

Le président du Conseil européen Charles Michel signale le début du sommet de l'UE au siège du Conseil européen à Bruxelles, le 24 juin 2021.
Le président du Conseil européen Charles Michel signale le début du sommet de l'UE au siège du Conseil européen à Bruxelles, le 24 juin 2021. REUTERS - POOL

Un nouveau Conseil européen s'est ouvert à Bruxelles ce jeudi après-midi. Les Vingt-Sept sont réunis pendant deux jours pour parler pandémie, migrations, relations avec la Turquie. Un programme bousculé par deux sujets invités surprise : la loi anti-LGBT en Hongrie et la proposition franco-allemande pour relancer le dialogue avec Moscou.  

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Les 27 chefs d’État et de gouvernement de l’Union européenne ont entamé leur sommet par une rencontre avec Antonio Guterres, fraîchement réélu secrétaire général des Nations unies. Ils évoquent avec lui, puis entre eux après son départ, la question migratoire. La reprise des arrivées de migrants vers l’Europe est d’ailleurs le premier point à l’ordre du jour pour leur session de travail, rapporte notre correspondant à Bruxelles, Pierre Benazet.

En commençant leurs travaux par la question migratoire, les 27 choisissent de se concentrer d’abord sur une des questions qui les divise le plus : la pandémie avait quasiment interrompu l’arrivée des migrants en Europe, mais selon l’UE les flux migratoires ont repris à des niveaux presque comparables à 2019. En Méditerranée orientale puis occidentale, mais aussi depuis quelque temps via la Biélorussie. Et le départ de l’Otan d’Afghanistan pourrait, selon eux, créer de nouveaux candidats à l’exil.

Les Européens n’ont pour le moment aucune perspective de régler leur débat interne sur la répartition entre eux des demandeurs d’asile, ce que réclament toujours les pays du sud de l’UE. Ils ont donc choisi à ce sommet de se concentrer sur les questions extérieures. Ils débattent d’accords de réadmission vers le Maroc, la Tunisie ou la Libye pour les migrants qui ne seront pas admis en Europe.

Les Vingt-Sept veulent aussi approuver 5,7 milliards millions d’euros d’aides sur trois ans pour les réfugiés et déplacés. D’abord au Liban, en Jordanie et en Syrie, mais le plus gros morceau – 3,5 milliards – sera destiné aux réfugiés présents en Turquie, une façon aussi de forcer Ankara à renouer le dialogue avec l’UE. Le ton plus conciliant du président turc ne devrait pas suffire pour faire avancer notamment le dossier de l’union douanière.

À lire aussi : Accord migratoire Turquie-UE: cinq ans après, la réforme voulue par Erdogan reste bloquée

La Hongrie en accusation au sommet

Mais avant même d'avoir commencé, ce sommet a été bousculé par la loi hongroise interdisant la diffusion de contenus sur l'homosexualité auprès des mineurs. Le sujet a suscité de vives réactions en Europe et le sujet risque fortement de s'inviter dans les discussions de ce conseil. 

Dès jeudi, plusieurs eurodéputés ont appelé la Commission à mettre en application le texte prévoyant de couper les financements européens aux pays qui vont à l’encontre des valeurs de l'UE. La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a qualifié cette loi de « honte » et la chancelière allemande Angela Merkel de mauvaise. La Hongrie, avec cette loi, n'a « plus rien à faire dans l'Union européenne », a pour sa part estimé le Premier ministre néerlandais Mark Rutte à son arrivée à Bruxelles.

Le Premier ministre hongrois a quant à lui assuré que le texte ne visait pas les homosexuels. Viktor Orban s'est présenté lui-même comme un défenseur des droits LGBT.

Ce jeudi matin, 17 dirigeants de l'UE dont la France, l’Allemagne, l’Espagne et l’Italie ont interpellé dans une lettre commune les chefs des institutions européennes. Ils rappellent l'article 2 du traité de l'UE qui mentionne notamment « le respect des droits de l'homme, y compris des droits des personnes appartenant à des minorités ».

Relance du dialogue avec Poutine

Autre sujet qui n’était pas à l'agenda du sommet, la proposition de l'Allemagne et de la France de relancer un dialogue avec la Russie. Le sujet divise les États membres et promet des discussions difficiles ce jeudi soir à Bruxelles. Moins d’une heure avant la réunion, le président russe a fait savoir que le Kremlin l'approuve. Il « est partisan » d'un renforcement du dialogue avec l'UE.

Pour son potentiel dernier sommet européen, Angela Merkel, dirigeante très écoutée, va avoir fort à faire tant le sujet divise, les pays baltes et la Pologne sont notamment partisans avant tout d’une ligne dure. Après la rencontre Biden et Poutine, la France, elle, juge que l'Europe doit jouer son rôle. Le Vieux Continent est concerné au premier chef, rappelle Paris, par la question du désarmement.

Enfin, au programme également de ce sommet la pandémie et les inquiétudes sur le variant Delta ou encore la relance post-Covid. 

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