Cinq ans après la tentative de coup d'État, des Turcs ont trouvé asile en Grèce

Athènes, en Grèce, le 28 avril 2020 (image d'illustration).
Athènes, en Grèce, le 28 avril 2020 (image d'illustration). REUTERS/Goran Tomasevic/File Photo

En Turquie, il y a cinq ans jour pour jour, un groupe de putschistes appartenant à l’armée tentait sans succès de renverser le pouvoir. Une purge à grande échelle s'en est suivie et nombreux sont les Turcs qui ont fuit leur pays, notamment en Grèce, où plus de 10 000 demandes d’asile ont été déposées.

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Avec notre correspondant à Athènes, Joël Bronner

À 36 ans, Ahmet qui préfère n’indiquer qu’un prénom, vit aujourd’hui près d’Athènes. Ce médecin de formation a trouvé asile en Grèce, après avoir fui la Turquie. 

« Cinq ou six mois après la tentative de coup d’État, des policiers sont venus chez moi, dans la région d’Izmir. Ils m’ont dit qu’ils venaient pour ma femme. Ils ont fouillé toute la maison et ils l’ont arrêtée », raconte-t-il. 

S’en suivent six mois de détention pour son épouse. Un « cauchemar » pour Ahmet qui ne se sent plus en sécurité en Turquie. 

« Nous étions membres du mouvement gülleniste. C’est une croyance, un culte religieux, explique-t-il. Mais cela ne signifie en aucun cas que nous soyons des terroristes ou que nous ayons un lien quelconque avec la tentative de coup d’État. À la libération de ma femme, je me suis dit que nous n’avons plus rien à espérer en Turquie, alors nous nous sommes enfuis. » 

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Avec l’aide de passeurs, le couple rejoint la Grèce par la frontière terrestre de l’Evros. Ils y demandent alors l’asile qu’ils obtiennent deux ans plus tard. 

« Entre Izmir et Athènes, la vie est très semblable. Les gens, la nourriture, la culture, tout. Donc cela a été facile pour nous de reprendre une vie ici. Et puis j’ai appris le grec, et cela aussi a beaucoup simplifié les choses », assure-t-il.

Le docteur, qui vit de petits boulots, attend à présent de passer des examens pour faire reconnaitre ses diplômes turcs et pouvoir à nouveau exercer officiellement. 

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