Le parcours du combattant des soldats afghans ayant travaillé pour l'Allemagne

Les derniers soldats allemands ont quitté l'Afghanistan fin juin (illustration).
Les derniers soldats allemands ont quitté l'Afghanistan fin juin (illustration). ISAF/Ryan Tabios

Les autorités allemandes ont promis de permettre aux Afghans qui ont travaillé à leurs côtés en Afghanistan et qui craignent pour leur vie face à l’avancée des forces talibanes de venir s’installer en Allemagne. Mais la réalité est moins flatteuse.

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Avec notre correspondant à Berlin, Pascal Thibaut

Sur le papier, Berlin s’est montré généreux. La ministre de la Défense Annegret Kramp-Karrenbauer a jugé que l’installation en Allemagne des forces locales afghanes ayant travaillé pour l'armée allemande et désormais menacées constituait une obligation morale.

Angela Merkel a souligné ce jeudi qu’elle avait plaidé qu’ils soient plus nombreux à profiter de cette option. Le gouvernement allemand a délivré en juin 2 400 visas. D’autres demandes sont encore en cours. « Notre but est que ceux qui ont travaillé pour notre pays à partir de 2013 aient la possibilité s’ils le désirent de s’installer en Allemagne pour être à l’abri de représailles », a déclaré la chancelière.

Dans les faits, la situation n’est pas aussi simple. Des personnes concernées disent avoir appris par les médias que cette solution leur était offerte et non pas par leur ancien employeur. Elles ne savent souvent pas comment contacter les autorités allemandes dans un pays instable que les derniers soldats de la Bundeswehr ont quitté fin juin, mettant ainsi fin à un engagement de près de 20 ans. Et ceux qui ont obtenu l’autorisation de se rendre en Allemagne doivent payer leur billet d’avion eux-mêmes. Un défi financier pour beaucoup que des experts et responsables politiques dénoncent. 

Angela Merkel a plaidé ce jeudi pour une prise en charge de ces transferts et n’a pas exclu des vols charters. D’après le magazine Der Spiegel, la chancellerie fait pression sur plusieurs ministères qui traînent des pieds, craignant que de tels vols attisent les espoirs d’autres Afghans qui ont par exemple travaillé pour des projets d’aide au développement allemands. D’autres questions font débat comme le sort des personnes qui travaillaient pour des sous-traitants de la Bundeswehr qui ne les employait pas directement, mais sont tout aussi menacés.

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