Chypre: le Conseil de sécurité de l'ONU condamne les positions d'Erdogan

Le président turc Recep Tayyip Erdogan lors du défilé militaire marquant le 47e anniversaire de l'invasion turque de la partie sud de Chypre, dont la moitié de la capitale Nicosie, le 20 juillet 2021.
Le président turc Recep Tayyip Erdogan lors du défilé militaire marquant le 47e anniversaire de l'invasion turque de la partie sud de Chypre, dont la moitié de la capitale Nicosie, le 20 juillet 2021. Birol BEBEK AFP

Le Conseil de sécurité de l’ONU a approuvé ce vendredi 23 juillet une déclaration unanime condamnant le soutien de la Turquie à une partition de Chypre. Une déclaration qu'Ankara a immédiatement rejetée.

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Le texte a tardé à voir le jour, et contrairement à l’usage, il a été durci au fil des négociations. Des pays, en l’occurrence l’Inde et la Chine, sont intervenus pour renforcer le projet initial, selon des diplomates cités par l’AFP. La déclaration de l’ONU réclame un règlement du conflit chypriote fondé « sur une fédération bicommunautaire et bizonale avec l'égalité politique ». Elle condamne explicitement le président turc et ses « actions unilatérales qui vont à l'encontre de ses résolutions ».

Mardi, au cours d’une visite dans la partie nord de l’île divisée, Recep Tayyip Erdogan a estimé que « nul progrès dans les négociations ne (pouvait) être fait sans accepter qu'il y ait deux peuples et deux États » à Chypre. Depuis son invasion par l'armée turque en 1974 en réaction à un coup d'État de nationalistes chypriotes-grecs qui souhaitaient la rattacher à la Grèce, l'île est divisée entre la République de Chypre – membre de l'Union européenne – qui exerce son autorité au sud, et la République turque de Chypre-Nord (RTCN) autoproclamée en 1983, uniquement reconnue par Ankara.

Le président turc avait en outre annoncé la poursuite de la réouverture de Varosha, une ville fantôme symbole de la division de cette île. Ces prises de position ont suscité une levée de bouclier : les États-Unis, la Grèce, l'ONU, la Russie et l'Union européenne avaient fait part de leur condamnation dès mercredi.

En visite à Nicosie, le ministre grec des Affaires étrangères Nikos Dendias avait estimé que le projet concernant Varosha confirmait l'intention d'Ankara « d'étendre son occupation de Chypre et établir un pouvoir néo-Ottoman dans la région de la Méditerranée orientale ». Le secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres a appelé « toutes les parties à s'abstenir de tout acte unilatéral ».

Dans sa déclaration, le Conseil de sécurité condamne à son tour l'annonce sur Varosha. Il demande « le retrait immédiat » de cette mesure et celui « de tous les changements opérés à Varosha depuis octobre 2020, et souligne l'importance du plein respect et de la mise en œuvre de ses résolutions, y compris le transfert de Varosha sous une administration de l'ONU ».

Mais la diplomatie turque demeure intransigeante. « Nous rejetons la déclaration du Conseil de sécurité de l'ONU » concernant le projet de réouverture sous contrôle chypriote turc de la station balnéaire de Varosha « ainsi que les déclarations de divers pays qui sont fondées sur des demandes injustifiées et incompatibles avec les réalités sur l'île », indique un communiqué du ministère turc des Affaires étrangères. Stigmatisant « l'attitude intransigeante de l'administration chypriote-grecque », le ministère souligne que tous les efforts n'ont jamais permis de parvenir à un statut fédéral. 

► À lire aussi : En visite dans la partie nord de l’île, Erdogan plaide encore pour la partition définitive de Chypre

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