Escroqué de centaines de millions d'euros, le Vatican demande des comptes

Le bâtiment situé au 60 Sloane Square, à l'est de Londres, propriété de l'Église, est au coeur du procès qui s'ouvre au Vatican.
Le bâtiment situé au 60 Sloane Square, à l'est de Londres, propriété de l'Église, est au coeur du procès qui s'ouvre au Vatican. Daniel Leal-Olivas AFP/Archivos

Le premier procès pour une vaste affaire d'escroquerie qui a conduit le plus petit État du monde à investir dans un immeuble de luxe à Londres s'ouvre au Vatican ce mardi. Des millions ont été perdus. Pas moins de dix accusés doivent comparaître, parmi lesquels le cardinal Angelo Becciù, ancien numéro trois du Vatican.

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Avec notre correspondant à Rome, Éric Sénanque

Exceptionnellement, la salle d’audience a été aménagée dans une ancienne annexe des musées du Vatican, le tribunal du plus petit d’État du monde n’ayant pas de place suffisante pour faire comparaître dix prévenus en même temps.

Avec près de 30 000 pages de dossier, ce méga-procès inédit pourrait durer deux ans. Un cardinal, Angelo Becciù, un financier, un avocat, un courtier mais aussi l’ancien patron de la Banque du Vatican, ou une obscure consultante sont à la barre et le dossier est lourd. Les chefs d’accusation sont nombreux : fraude, détournements de fond, corruption ou encore abus de pouvoir. Les magistrats vont tenter de comprendre comment le Saint-Siège a pu investir et perdre des centaines de millions d’euros en voulant acheter un immeuble de luxe à Londres, sur Sloane Square, qui plus est en détournant une partie des fonds du « denier de Saint-Pierre », d’ordinaires utilisés pour les œuvres caritatives du pape dans le monde.

Mais derrière l’immeuble de Londres, c’est près de dix années de placements financiers hasardeux qui seront passées au peigne fin. Une opération « mains propres » présentée par nombre d’observateurs comme un tournant dans la transparence financière du Vatican. 

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