Grèce: un demandeur d'asile apatride coincé dans les limbes administratives

Des migrants dans un centre de détention pour immigrants sans-papiers à Athènes, en février 2015 (Image d'illustration).
Des migrants dans un centre de détention pour immigrants sans-papiers à Athènes, en février 2015 (Image d'illustration). © Angelos Tzortzini/AFP PHOTO

En Grèce, un cafouillage administratif au détriment d’un jeune demandeur d’asile originaire du Koweït l’empêche pour l’heure de rallier la France où il devait rejoindre son frère. Maher Anesi est Bidoune, c’est-à-dire apatride, sans papiers d’identité. Un habitant de seconde zone, en somme, dans un pays, le Koweït, qu’il a choisi de fuir comme son frère avant lui.

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Avec notre correspondant à Athènes, Joël Bronner

En 2018, Maher arrive en Grèce, sur l’île de Lesbos, en tant que demandeur d’asile alors qu'il est mineur et non accompagné. Son but est de retrouver son frère qui vit en France. En vertu du regroupement familial prévu par le « Règlement Dublin III », Paris accepte fin 2019 de faire venir Maher Anesi en France pour examiner sa demande d’asile.

En 2020, en raison du contexte du Covid-19, son vol pour Paris est cependant annulé par deux fois, alors que son frère Djara l’attend dans la région d’Orléans. « Le Covid-19, d’accord. Après attendre, attendre… ça fait longtemps que j’attends », raconte Djara Anesi. 

Et l’attente se prolonge encore. En février, un appel de Grèce est porteur d’une mauvaise nouvelle : « "Ton frère est en prison". Ohlala, c’est la prison, la prison… La Grèce l’a arrêté ! » Maher l’apatride se retrouve en effet en rétention administrative en Grèce en tant que sans-papier.

Pour son frère, la situation est catastrophique : « Ça ne va pas, ça ne va pas, parce que ça fait maintenant six mois. Pourquoi mon frère reste en prison ? Je ne sais pas. J’ai besoin que mon frère sorte parce que je l’attends et que ça fait longtemps ! »

Suffisamment longtemps pour que l’administration grecque perde sa trace, en raison de l’absence de communication entre la police et le Service d’Asile. Fin mai, Athènes laisse ainsi passer la date-butoir pour envoyer le jeune homme en France. Et en conséquence, Paris dit ne plus vouloir de Maher. En attendant, son frère, lui, l’attend toujours.

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