Deliveroo veut quitter l'Espagne, où les livreurs devront bientôt être salariés

Une livreur travaillant pour Deliveroo, l'entreprise de livraison de repas à domicile, à Madrid, le 27 mars 2020.
Une livreur travaillant pour Deliveroo, l'entreprise de livraison de repas à domicile, à Madrid, le 27 mars 2020. © Gabriel Bouys/AFP

La plateforme de livraison de repas à domicile Deliveroo a annoncé qu’elle envisageait d’abandonner le marché espagnol prochainement. Cette annonce arrive alors qu'une nouvelle loi sur la protection des livreurs à vélo entre en vigueur le 12 août. Elle oblige les plateformes à salarier leurs livreurs.

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Avec notre correspondante à Madrid, Diane Cambon

Les 3 500 livreurs de la plateforme de livraison à domicile Deliveroo risquent d’ici à trois mois de se retrouver sans emploi. La société britannique a annoncé son retrait d’Espagne justifiant que le marché espagnol n’était pas assez juteux. Cette décision coïncide avec l’entrée en vigueur de la nouvelle législation qui protège ces travailleurs, lesquels deviennent des salariés de plein droits.

Sac vert sur le dos, Manuel, est rider depuis un an et demi pour Deliveroo. La réaction de la plateforme ne l’a pas surpris : « Cela ne m’a pas étonné du tout, les entreprises pensent à leur propre bénéfice. Cette loi, oui, c’est bien, elle est censée nous protéger, mais dans les faits je vais me retrouver sans boulot et il va falloir que je change d’entreprise. »

« Un travail précaire, pas bien rémunéré »

À l’origine de cette loi, la fronde du collectif « Riders X Derechos » (le droit des riders, en espagnol), qui se bat depuis plusieurs années à coup de procès pour dénoncer le statut de « faux travailleurs indépendants ». Manuel fait partie du collectif.

« Pour moi, c’est un travail précaire, pas bien rémunéré. Je dois payer 280 euros de charges par mois comme indépendant et je gagne près de 8 euros de l’heure. Le seul point positif, c’est que grâce à l’application je peux travailler quand je veux, les heures que je veux et cela me donne une liberté, une certaine flexibilité ».

Cette flexibilité est désormais aussi contrôlée avec la nouvelle loi. La charge de travail des riders ne sera plus soumise aux algorithmes qui déterminent le nombre de courses qu’ils doivent effectuer, permettant ainsi plus de transparence.

►À écouter aussi : Grand reportage - Livreurs Deliveroo: rébellion sur deux roues

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