En Méditerranée, l'«Ocean Viking» à la recherche d'un port sûr pour débarquer 555 migrants

Le navire de sauvetage en mer d'SOS Méditerranée, Ocean Viking, le 6 juillet 2020 (Image illustration).
Le navire de sauvetage en mer d'SOS Méditerranée, Ocean Viking, le 6 juillet 2020 (Image illustration). © AFP/Archives

Cinq cent cinquante-cinq migrants qui ont pu être secourus en Méditerranée au cours du week-end, se retrouvent bloqués à bord de l’Ocean Viking. Aucun pays n'accepte que le navire de l'ONG SOS Méditerranée débarque sur ses côtes.

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Face à une situation humanitaire intenable, SOS Méditerranée lance un appel pour qu'un port accepte le débarquement des 555 migrants. « Nous avons reçu un refus de la part de Malte déjà. Nous n’avons pas reçu de réponse de la part de la Libye, ni de la Tunisie. Donc, nous avons élargi notre demande à l’Italie aujourd’hui. Et à l’heure où l’on parle, nous n’avons reçu aucune réponse positive. Donc, nous sommes dans une attente très difficile », constate Fabienne Lassalle, directrice adjointe de SOS Méditerranée, jointe lundi 2 août.

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Plus de 700 migrants tentant de traverser la Méditerranée à bord d'embarcations de fortune ont été embarqués durant le week-end lors d'opérations menées par l'Ocean Viking ainsi que par les navires des ONG allemandes Sea-Watch et ResQship. « La situation à bord de l'Ocean Viking est forcément extrêmement compliquée. Ces personnes sont dans une situation très fragile. Elles ont vécu l’horreur en Libye, l’horreur en mer et maintenant vivent très difficilement ce temps à bord. Il y a le soleil, il y a des personnes qui se sont évanouies dans l’après-midi (du lundi 2 août) », poursuit Fabienne Lassalle, de SOS Méditerranée.  

Sans compter le « stress », souligne-t-elle. « Il faut se rendre compte du choc et de toutes les épreuves par lesquelles ces personnes sont passées. Et je ne parle même pas des blessures qu’ont certains et que nous tentons de soigner, des blessures faites pendant la traversée et parfois même avant en Libye. »

Après chaque sauvetage, les ONG doivent attendre, bloquées en mer parfois pendant plusieurs jours, l'attribution d'un « port sûr » par les autorités maritimes pour débarquer. Malgré une insécurité persistante, la Libye demeure un important point de passage pour des dizaines de milliers de migrants cherchant chaque année à gagner l'Europe par les côtes italiennes distantes de 300 km des côtes libyennes.

Mettre l'Europe face à ses responsabilités

Fabienne Lassalle exhorte l'Union européenne à prendre ses responsabilités. « Le problème, ce n’est pas seulement celui du pays vers lequel on cherche à débarquer parce qu’il est le plus proche, par exemple l’Italie. Aujourd’hui, c’est un problème européen. Ce sont les États européens que l’on interpelle pour que des solutions durables soient trouvées à la fois pour pouvoir débarquer des personnes lorsqu’elles ont été secourues, mais également pour que des moyens supplémentaires soient dépêchés en Méditerranée centrale pour aller secourir. Parce que là, on est face à un besoin absolu et un manque de moyens »,déplore la directrice adjointe de SOS Méditerranée.

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Actuellement, l’Ocean Viking accueille 555 personnes à bord, une autre ONG Sea-Watch en a plus de 250. Dans cette situation, l’humanitaire estime que les ONG« ne peuvent pas secourir de personnes supplémentaires. Or, il y a d’autres embarcations qui méritent d’être secourues. Il n’y a personne pour venir les secourir. Donc, nous demandons également à la communauté internationale, à la communauté européenne puisque nous sommes en Méditerranée, de dépêcher des moyens pour aller secourir et renforcer l’assistance qui peut être apportée à ces personnes qui sont en détresse ».

Selon l'Organisation internationale pour les migrations (OIM), les départs de migrants, les interceptions et les arrivées en Méditerranée centrale sont en augmentation cette année. Au moins 1 113 personnes sont mortes en Méditerranée au cours du premier semestre 2021 en tentant de rejoindre l'Europe.

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