Reportage

Entre températures extrêmes et incendies, la Grèce asphyxiée

Un pompier dans le brasier à Varympompi, dans la banlieue nord d'Athènes, le 3 août 2021.
Un pompier dans le brasier à Varympompi, dans la banlieue nord d'Athènes, le 3 août 2021. REUTERS - GIORGOS MOUTAFIS

La Grèce est frappée par une troisième vague de chaleur en un mois, avec des températures qui grimpent cette semaine jusqu’à 45 degrés dans certaines régions du pays. Les autorités parlent de la pire canicule dans le pays depuis trente ans.

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Avec notre correspondant à Athènes, Joël Bronner

En Grèce, en particulier en milieu de journée, la chaleur est étouffante, pour ne pas dire accablante.

Harris Diakomihalis est à la tête d’une agence de tourisme de l’île de Nissiros, dans l’est du pays. « Ces derniers jours, nous avons subi des températures extrêmes, c’est-à-dire qu’il fait particulièrement chaud et cela nous cause des problèmes pour travailler dans des conditions normales », dit-il.

Irini Paxou profite de sa soirée au restaurant. Mais en journée, elle fait particulièrement attention à la météo, car elle est en charge de deux enfants en bas âge. « Aux heures où les températures sont les plus élevées, nous restons à la maison avec l’air conditionné, parce qu’il fait trop chaud. Et nous essayons aussi d’aller ensuite à la plage pour nous rafraichir », explique-t-elle.

Popi Karakonstandinou travaille cet été dans un magasin de location de véhicules sur le port de Mandraki, la principale ville de Nissiros : « À Nissiros, la canicule est encore à peu près supportable grâce au petit vent qui souffle ici, heureusement. Mais Il y a d’autres endroits, comme Rhodes ou Athènes, où les gens sont confrontés à des tas de problèmes, à cause de cette même canicule qui cause des incendies. »

Des localités entourées par les flammes

Si les incendies sont courants chaque été en Grèce, l’intensité de la canicule actuelle a en effet favorisé leur multiplication ces derniers jours à travers le pays. De nouveaux feux de forêt se sont déclarés mardi 3 août, en particulier au nord d'Athènes où quelque 300 personnes ont été évacuées, selon les pompiers.

Après le mont Penteli la semaine dernière, c'est le mont Parnès, la deuxième des trois collines qui encadrent Athènes, qui était en feu, répandant d'épaisses fumées sur la capitale grecque. Les feux s'approchant des habitations, trois villages ont été évacués au pied du mont Parnès, à une trentaine kilomètres au nord-ouest d'Athènes, selon les pompiers.

« Notre priorité est de sauver des vies, d'où la décision d'évacuer des villages », a précisé mardi soir, lors d'une conférence de presse, le ministre de la Protection du citoyen, Michalis Chryssohoidis, évoquant des conditions difficiles. « C'est une tragédie », a confié sur la chaîne de télévision Skai Spyros Vrettos le maire du chef-lieu, Acharnon. « Mais heureusement, la vie d'aucune personne n'est en danger. »

L'autoroute reliant le nord au sud du pays a été coupée par précaution et des dizaines d'enfants ont été évacués d'une colonie de vacances, selon des médias grecs. Près de 200 chevaux qui se trouvaient dans des centres d'équitation ont également été déplacés sains et saufs, selon la confédération grecque d'équitation.

La police a indiqué avoir aidé près de 70 personnes qui étaient coincées chez elles, dans des localités entourées par les flammes.

La Grèce a été confrontée à près de 80 feux mardi, dont 40 encore actifs, selon le ministre adjoint à la Protection civile, Nikos Hardalias. « Nous faisons face à des conditions extrêmes avec des températures autour de 45°C en Attique », a ajouté le ministre, lors de la même conférence de presse. « Les heures qui viennent sont décisives. La canicule va encore durer, nous demandons aux citoyens d'être vigilants », a-t-il conclu.

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