Grèce: la canicule et les incendies envahissent les réseaux sociaux

Incendie de forêt dans une montagne près du village de Platanos, près de l'ancienne Olympie, dans l'ouest de la Grèce, le 4 août 2021.
Incendie de forêt dans une montagne près du village de Platanos, près de l'ancienne Olympie, dans l'ouest de la Grèce, le 4 août 2021. AFP - STR

La Grèce est actuellement frappée par une intense vague de chaleur - la troisième depuis le mois de juillet - avec des températures qui ont grimpé cette semaine jusqu’à 45 degrés dans certaines régions du pays. Les autorités parlent de la pire canicule depuis trente ans. En parallèle, la multiplication des incendies à travers le pays alimente les conversations des internautes sur les réseaux sociaux.

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De notre correspondant à Athènes,

Les différents feux qui frappent la Grèce ces jours-ci se matérialisent tout d’abord par une série de mots-clés dans les messages qui sont échangés, par exemple, sur la plateforme Twitter. #Rhodes, #Αchaia, #Olympe #Varibobi, #Athènes… Depuis cette semaine, ces mots-clés parmi les plus utilisés en Grèce témoignent à la fois de la multiplicité des incendies et de leur localisation à travers le pays. Les termes #pirkagia (πυρκαγιά) - le feu en grec - ou #foties (φωτιές) - les incendies - s’imposent eux aussi en parallèle dans une majorité de conversations en ligne.

D’Instagram à Twitter en passant par Facebook, les images de forêts en flammes, d’épaisses fumées ou de pompiers aux prises avec les incendies sont parmi les plus partagées. En parallèle, un post de Stefanos Levidis, architecte de formation, a été repris plus de 1 500 fois sur Facebook. Il y évoque l’incendie qui frappe le secteur de Varibobi et entraîne de la fumée jusqu’au cœur de la capitale. « Nous parlons d’une forêt à quinze minutes d’Athènes, près d’un aéroport militaire et de l’autoroute, où le feu a été incontrôlable pendant des heures. Le feu a brûlé la nature et des habitations, un jour sans vent, alors que tout le mécanisme d’État était supposé être en état d’alerte », enrage-t-il. De son côté, toujours en ligne, le Premier ministre grec s’est, lui, voulu rassurant : « Dieu merci, jusqu'à présent, nous n'avons eu aucune perte de vie humaine et [de se réjouir] le système d'évacuation a parfaitement fonctionné ».

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Beaucoup de références à Mati

En 2018, le village côtier de Mati, non loin d’Athènes, a été ravagé par les flammes et cet incendie a entraîné la mort, il y a trois ans, d’une centaine de personnes. Si les internautes grecs évoquent Mati, c’est parce qu’il s’agit donc, en un mot, d’un traumatisme à l’échelle du pays et de la référence en termes de catastrophe récente causée par un incendie.

Sur les réseaux, les débats n’échappent pas à certaines guéguerres politiciennes, qui comparent ainsi l’actuel incendie proche d’Athènes à cette catastrophe de Mati. La gauche de Syriza occupait le pouvoir en 2018, alors qu’il appartient aujourd’hui aux conservateurs de Nouvelle Démocratie. Pour un internaute, cette comparaison crée une « compétition misérable et honteuse ». Un autre ajoute : « Heureusement, nous ne portons pas [cette fois-ci] le deuil de vies humaines, mais les dégâts causés à la nature sont incalculables ». Un dernier conclut : « Pendant des jours, des milliers d'hectares sont brûlés dans le pays (…) et le discours [officiel] est que tout va bien parce que nous ne sommes pas confrontés au pire ». Des débats en ligne qui ne s’éteindront probablement pas, tant que des forêts continueront à brûler à travers la Grèce.

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