Le pape François dans la Hongrie de Viktor Orban

Le pape François est attendu en Hongrie ce dimanche. Peu après son arrivée à Budapest, il doit rencontrer Viktor Orban, place des Héros dans le centre de la capitale, avant d’y célébrer une grande messe.
Le pape François est attendu en Hongrie ce dimanche. Peu après son arrivée à Budapest, il doit rencontrer Viktor Orban, place des Héros dans le centre de la capitale, avant d’y célébrer une grande messe. REUTERS/Alessandro Bianchi

En déplacement en Europe centrale, le pape François est arrivé à Budapest ce dimanche matin 12 septembre. Il s’agit du deuxième voyage pontifical de l’année pour lui après l’Irak en mars dernier, le 34e depuis l'élection du souverain pontife argentin.

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À Budapest, le Saint-Père doit célébrer la messe de clôture du congrès eucharistique mondial, un événement qui a lieu tous les quatre ans et qui s’est tenu à dans la capitale hongroise cette semaine, relate notre correspondante sur place, Florence La Bruyère.

Mais si le Vatican insiste pour présenter ce voyage comme un pèlerinage avec ses étapes spirituelles, cette visite de François en Hongrie a aussi un caractère indéniablement politique, explique notre correspondant au Vatican, Éric Sénanque. Peu après son arrivée à Budapest, François devrait en effet rencontrer le président de la République János Áder, et le Premier ministre Viktor Orbán, place des Héros.

Leurs échanges seront confidentiels, mais l’on sait que leurs positions sont aux antipodes, sur l'aide aux plus démunis ou sur l’accueil des migrants en particulier. Le pape ne cesse de plaider pour l’accueil des réfugiés quand M. Orbán se veut le promoteur de la fermeture des frontières. Le pape critique régulièrement l’abus de pouvoir chez certains dirigeants populistes, ce qui lui vaut d’être attaqué par l’entourage du Premier ministre hongrois.

Un voyage à la tonalité œcuménique et interreligieuse

D’où le malaise de certains catholiques hongrois, divisés sur la personnalité du souverain pontife (voir encadré). La Hongrie compte 39% de catholiques et 12% de protestants, mais moins de 10% sont pratiquants. Dans un pays où la hiérarchie catholique est très discrète dans ses critiques du pouvoir, le pape François devrait rappeler l’importance de revenir à l’Évangile.

Le souverain pontife ne devrait passer que quelques heures à Budapest, pas plus d'une demi-heure en compagnie des dirigeants du pays, avant de se rendre en Slovaquie, pour trois jours. Avec pas moins de cinq villes visitées et douze discours en quatre jours, ce voyage apostolique aura aussi une forte tonalité œcuménique et interreligieuse, avec la rencontre des communautés juives et roms.

Ce voyage sera un vrai tour de force pour le pape François, 84 ans, deux mois après une lourde opération chirurgicale et dix jours de convalescence passés à l’hôpital. À Budapest, le Saint-Père doit célébrer la messe de clôture du congrès eucharistique mondial, un événement qui a lieu tous les quatre ans et qui s’est tenu à dans la capitale hongroise cette semaine, explique notre correspondante sur place, Florence La Bruyère.

En Hongrie, des fidèles de l'Eglise catholique partagés sur la figure du pape

Comme tous les bénévoles qui ont aidé à l’organisation du congrès eucharistique, Zsuzsa porte une chemise bleu ciel. Ce dimanche, cette agronome à la retraite assistera à la messe célébrée par le Pape François. « C’est un plaisir, et aussi une mission. Face à l’expansion de l'islam, il faut que le catholicisme se renforce », dit-elle à notre correspondante.

Erzsébet, pour sa part, n’est pas sûre d’assister à la messe. À l’instar de nombreux catholiques, elle ne comprend pas que le Saint-Père prenne constamment la défense des réfugiés. « Moi, je ne suis pas d’accord avec le pape. Ce ne serait pas bon pour la Hongrie d’accueillir des réfugiés », confie-t-elle.

Les médias proches du gouvernement n’ont cessé de critiquer la position du pape en faveur des réfugiés. L’éditorialiste Zsolt Bayer, l’un des fondateurs du Fidesz, le parti de Viktor Orbán, a même qualifié François de « sénile, totalement inapte à la fonction de chef de l’Église ».

Résultat, certains catholiques ont une mauvaise image du souverain pontife, déplore cette Budapestoise : « Certains disent que le vrai pape, c’est Benoît ! Et que François est juste un… un faux pape ! » Partir aussitôt en Slovaquie serait pour le pape François une manière, selon plusieurs commentateurs, d’exprimer sa désapprobation du gouvernement hongrois.

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