En Hongrie, sur les terres d'Orbán, le pape appelle à être «ouverts» aux autres

Le Premier ministre hongrois Viktor Orban reçoit le pape François en visite à Budapest, au musée des Beaux-Arts de la capitale, le 12 septembre 2021.
Le Premier ministre hongrois Viktor Orban reçoit le pape François en visite à Budapest, au musée des Beaux-Arts de la capitale, le 12 septembre 2021. AP

En visite de quelques heures à Budapest ce dimanche 12 septembre, le pape François a rencontré à huis clos Viktor Orbán. Il a ensuite rendu hommage à une nation « attachée à ses racines », mais a aussi appelé les Hongrois à être « ouverts » à tous, dans une allusion voilée à la politique anti-migrants du Premier ministre hongrois souverainiste. 

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« Le sentiment religieux est la sève de cette nation si attachée à ses racines, a remarqué François depuis sa papamobile, face à une immense foule qui venait de l'acclamer sur la grande place des héros de Budapest. Mais la croix, plantée en terre, en plus de nous inviter à bien nous enraciner, élève et étend ses bras vers tous [...] Mon souhait est que vous soyez ainsi : ancrés et ouverts, enracinés et respectueux », a-t-il intimé, avant d'adresser ses vœux de bénédiction en hongrois.

Le souverain pontife âgé de 84 ans, venu dans la capitale hongroise pour présider la messe de clôture du Congrès eucharistique international, a tenu ces propos à l'occasion de la prière dominicale de l'Angélus, à l'issue d'une visite éclair en Hongrie.

« Ambiance cordiale »

Il avait auparavant rencontrer en arrivant sur le sol hongrois Viktor Orbán, accompagné du président du pays János Áder. La rencontre s'est tenue au beau milieu d'une immense salle d'apparat du musée des Beaux-Arts de la capitale, rapporte notre envoyé spécial à Budapest, Arthur Herlin.

Les échanges, qui n'auront duré qu'une quinzaine de minutes, se sont déroulés dans une « ambiance cordiale », autour des questions de la protection de la famille, indique le Saint-Siège, qui ne mentionne pas si la question de l'accueil des migrants a été évoquée.

Il est de notoriété publique que les deux hommes ne partagent pas le même point de vue sur ce dossier. Le Premier ministre hongrois mène une politique stricte du contrôle de ses frontières. Bien loin des positions du Pontife, qui exhorte inlassablement à « accueillir, protéger, promouvoir et intégrer les réfugiés ». 

Sur son compte Facebook, Viktor Orbán a affirmé avoir « demandé au pape de ne pas laisser périr les chrétiens de Hongrie ».

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L'antisémitisme en Europe, « une mèche qui doit être éteinte »

Par ailleurs, lors d'une rencontre avec les représentants de confessions chrétiennes et de communautés juives hongroises, le souverain pontife a évoqué « la menace de l'antisémitisme qui circule encore en Europe et ailleurs », estimant qu'il s'agissait « d'une mèche qui doit être éteinte ». « Le meilleur moyen de la désamorcer, c'est de travailler ensemble de manière positive, c'est de promouvoir la fraternité », a ajouté le pape.

Grand défenseur du dialogue interreligieux, François a rendu hommage aux efforts des responsables religieux dans leur pays pour « abattre les murs de séparation du passé » et opérer « un changement de regard ». « Juifs et chrétiens, vous désirez voir dans l'autre non plus un étranger, mais un ami ; non plus un adversaire, mais un frère », a-t-il estimé, en évoquant longuement le destin tragique d'un poète hongrois, Miklós Radnóti, assassiné en 1944 par des miliciens hongrois.

Le souverain pontife devait repartir de Budapest peu après 14h30 (12h30 TU) pour rejoindre la Slovaquie voisine où il a prévu de passer trois jours.

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