Discours sur l'état de l’Union européenne: les dangers venus d’Europe centrale

La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, à Strasbourg le 14 septembre dernier.
La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, à Strasbourg le 14 septembre dernier. AFP - JULIEN WARNAND

Ce mercredi 14 septembre, la présidente de la Commission européenne prononce selon l’habitude annuelle depuis 2010, le « discours sur l’état de l’Union ». Bilan de l’année passée et des défis à venir sont toujours au menu. Ursula von der Leyen est très attendue sur la réponse de l'UE face à la Pologne, qui menace en fait les fondements mêmes de l’UE.

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Avec notre correspondant à Bruxelles, Pierre Bénazet et notre envoyée spéciale à Strasbourg, Carlota Morteo

Numérique, relance, géopolitique, Covid et changement climatique sont les ingrédients prévus pour ce mercredi. Mais malgré l’importance que ces sujets revêtent pour l'UE, ils pourraient être éclipsés par le dernier chapitre « mode de vie européen et démocratie européenne ».

La crainte vient d’Europe centrale, et plus particulièrement de Pologne. Cette dernière fait à nouveau parler d’elle avec l’interdiction d’accès imposée aux médias le long de la frontière avec la Biélorussie. Mais cette atteinte à la liberté de la presse n’est qu’un des nombreux points de contentieux avec la Commission européenne.

Car le gouvernement polonais s’en prend à la liberté de la presse, mais ce n’est que la dernière entorse en date à l’État de droit. Parmi les autres dossiers sur le feu figurent en particulier les fameuses zones sans idéologie LGBT, et surtout la chambre disciplinaire pour les juges.

Comment la Commission compte-t-elle utiliser la conditionnalité ?

La Commission s’affronte depuis des années avec la Hongrie et la Pologne sur le respect de l’État de droit et les valeurs européennes. Mais Ursula von der Leyen doit « siffler la fin de la récréation », estiment certains. Car la position polonaise menace désormais les fondements mêmes de l’UE, avec la contestation de la primauté du droit européen par le Tribunal constitutionnel.

On attend d’ailleurs une nouvelle décision le 22 septembre, et on entend dire ici qu’il faut vite refermer la porte dans laquelle la Pologne a mis le pied, avant que ça devienne contagieux. Une référence directe aux propositions de Michel Barnier pour s’affranchir des règles européennes en matière d’immigration.

La Commission a déjà demandé à la Cour de Justice de l’UE des sanctions financières, mais on l’attend au tournant pour voir comment elle compte utiliser l’outil dit de conditionnalité, celui qui permet de suspendre le versement des fonds de l’Union européenne en cas d’infraction à l’État de droit.

► À relire : Pour Ursula von der Leyen, la loi hongroise sur l’homosexualité est « une honte »

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