Derrière le procès d'Hamid Noury en Suède, l'ombre du nouveau président iranien

Croquis d'audience au premier jour du procès d'Hamid Noury, le 10 août 2021.
Croquis d'audience au premier jour du procès d'Hamid Noury, le 10 août 2021. Anders Humlebo TT NEWS AGENCY/AFP

La Suède juge en ce moment un Iranien, Hamid Noury, accusé d’avoir participé aux exécutions de masse d'opposants ordonnées par l'ayatollah Khomeini durant l'été 1988, à la fin de la guerre en l’Iran et l’Irak. À l’époque, 30 000 opposants avaient été tués.

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Hamid Noury, jugé à Stockholm, était assistant du procureur dans une prison de Téhéran. Ebrahim Raïssi, aujourd’hui président de la République islamique, était l’un des quatre membres de la Commission de la mort, qui a ordonné les massacres durant l'été 1988. Reza, qui a passé dix ans en prison, raconte ce qu'il a vécu cet été-là au correspondant de RFI à Stockholm, Frédéric Faux : « On était les yeux bandés, ils nous tapaient comme des ballons de foot et puis ils nous emmenaient vers ce soi-disant tribunal où il y avait des gens comme Raïssi qui décidaient en quelques minutes de nous envoyer à la pendaison. »

Ce procès Noury, et le fait que Raïssi parle aujourd’hui même à la tribune de l’Assemblée générale de l’ONU, sont des opportunités uniques que les victimes et les opposants au régime de Téhéran ne voulaient pas rater. Venus de toute l’Europe, ils se sont donc réunis ce mardi 21 septembre à Stockholm pour demander la fin de l’impunité.

Shahin Gobadi est un représentant du Conseil national de la résistance iranienne : « Le procès de Noury permet au monde de réaliser le niveau d’atrocités qu’on avait alors atteint en Iran. Il est temps que l’ONU lance une enquête indépendante sur ces massacres de 1988 pendant lesquels Ebrahim Raïsi a joué un rôle clé. »

Hamid Noury, ancien cadre du système judiciaire iranien est jugé pour « crimes de guerre » et « meurtres ». Arrêté en novembre 2019 à l'aéroport international de Stockholm-Arlanda à l'occasion d'une visite dans le pays, il est jugé en Suède en vertu de la compétence universelle de la justice suédoise pour ces chefs d'accusation. Ebrahim Raïssi, le nouveau président de la République islamique, est accusé par Amnesty International d'avoir participé à ces massacres. 

► À lire aussi : Le procès hors norme d'un Iranien accusé d'exécutions de masse s'ouvre à Stockholm

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