L’UE veut intervenir dans la crise des migrants à la frontière polono-biélorusse

Un soldat polonais passe devant une clôture en barbelés à la frontière avec la Biélorussie (image d'illustration)
Un soldat polonais passe devant une clôture en barbelés à la frontière avec la Biélorussie (image d'illustration) AFP - JAAP ARRIENS

Depuis le détournement le 23 mai du vol Athènes-Vilnius et surtout depuis les sanctions imposées ensuite par l’UE, la situation ne fait que s’envenimer entre les Européens et le régime biélorusse. L’utilisation par celui-ci de migrants poussés vers la frontière européenne crée une situation humanitaire dramatique avec un 6e migrant mort ce vendredi 24 septembre à la frontière polono-biélorusse, mais c'est aussi une source de tensions entre Européens.

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Avec notre correspondant à Bruxelles, Pierre Bénazet

La Pologne a elle-même un corps de gardes-frontières très important et désire gérer la situation sans interférence extérieure. Elle ne demande qu’un soutien politique à ses partenaires européens. Mais entretemps, les accusations de refoulement et l’interdiction faite à la presse d’approcher la frontière entretiennent le doute.

Même si la Commission européenne prend bien soin de ne pas accuser la Pologne de refouler les migrants, elle demande d’accepter enfin la venue d’experts de Frontex, le corps européen de gardes-frontières et de garde-côtes.

La Biélorussie utilise les migrants pour créer des tensions dans l'UE

« Il est essentiel que la Pologne remplisse efficacement ses obligations de gestion des frontières, a expliqué Adalbert Jahnz, porte-parole de la Commission européenne, avant de nuancer : Toutefois, cela ne doit pas se faire au détriment des vies humaines. Nous demandons instamment aux autorités des États membres de veiller à ce que les personnes se trouvant à la frontière reçoivent les soins et l'assistance nécessaires… »

Ylva Johansson, la Commissaire aux Affaires intérieures, désire, elle aussi, aller inspecter la frontière biélorusse, mais elle n’a toujours pas réussi à organiser un entretien préalable avec le ministre polonais de l’Intérieur.

Les Européens estiment tous le régime biélorusse responsable du drame humain qui se joue à la frontière polonaise. Mais certains tirent ici le signal d’alarme : ils avertissent de ne pas laisser à la Biélorussie la possibilité d’enfoncer un coin entre les Européens par le biais d’une utilisation ignoble des migrants.

►À voir aussi : Entretien - Svetlana Tikhanovskaïa: « On a sous-estimé la férocité de Loukachenko »

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