Royaume-Uni: les travaillistes ouvrent leur congrès annuel sur fond de divisions

Le leader du parti travailliste, Keir Starmer, fait face à un parti divisé.
Le leader du parti travailliste, Keir Starmer, fait face à un parti divisé. Getty Images - Anthony Devlin

La gauche anglaise peine à exister. Ce samedi 25 septembre, c’est le début du congrès annuel des travaillistes. Elle a lieu à Brighton dans le sud de l’Angleterre. Le chef du parti, Keir Starmer, va devoir trouver son « leadership » dans un parti divisé. 

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Avec notre correspondante au Royaume-Uni, Marie Boëda

Glorifier la famille, rendre le travail plus rémunérateur et le sécuriser, améliorer le service public. Dans l’essai La route à suivre publié juste avant le congrès, Keir Starmer expose sa vision en 14 000 mots. Une vision que même sa propre famille politique qualifie de « vague ». L’enjeu pour cet homme de 59 ans, élu il y a un an et demi, est de fédérer son parti. 

Il a hérité, en plein premier confinement, d'un parti très divisé, indécis sur le Brexit et son positionnement politique, englué dans des accusations d'antisémitisme chronique et accablé par la débâcle aux législatives de 2019 - son pire score en 85 ans.

Si au début, les attaques régulières contre la gestion erratique de la pandémie par le gouvernement ont permis à l'austère Keir Starmer d'asseoir sa crédibilité dans l'arène politique, la tendance s'est rapidement essoufflée face à un Boris Johnson auréolé d'une campagne de vaccination réussie et d'un Brexit enfin réalisé.

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Difficile donc pour lui de trouver sa place. Il doit se différencier du parti conservateur au pouvoir et faire oublier Jérémy Corbyn. Cet ancien chef du Labour, très à gauche, défendait une ligne claire, mais considérée comme trop radicale. 

Face à la menace d'une crise hivernale du carburant et à la suppression de l'augmentation de 23 euros du crédit universel, Starmer le modéré cherche à offrir au pays une alternative « crédible », comme il dit. Il doit présenter mercredi 29 septembre un discours censé clarifier sa ligne, peu comprise des électeurs.  

« Les gens ne savent pas vraiment à quoi s'en tenir (...), ce qu'il défend ou propose », souligne auprès de l'AFP Steven Fielding, professeur d'histoire politique à l'université de Nottingham.

Cette année, les municipales ont été un échec pour le parti travailliste. Les prochaines élections nationales auront lieu en 2024. Il reste trois ans à Keir Starmer pour renverser la tendance, après dix ans de défaites électorales. 

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