Russie: la liste d'«agents de l'étranger» s'allonge, des perquisitions en cours

Piotr Verzilov, membre des Pussy Riots, en 2018.
Piotr Verzilov, membre des Pussy Riots, en 2018. AP - Alexander Zemlianichenko

C’est une vague de répression qui n’en finit plus. Les élections législatives ont été verrouillées et le parti au pouvoir a remporté les deux tiers des sièges à la Douma, mais la mise au ban de la société civile et de la presse continue. La liste de personnalités et organisations classées « agents de l’étranger » s’est allongée de 22 noms, des personnalités mais aussi un média en ligne et une ONG, OVD-info.

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De notre correspondante à Moscou, Anissa el Jabri

OVD-Info, c’est un nom que la presse locale et étrangère, les manifestants et plus globalement la société russe connaissent bien : c’est à cette ONG que toute personne arrêtée passe le plus souvent son premier coup de fil. OVD-Info ne se contente pas de fournir une aide juridique, elle réalise aussi un comptage précieux, car indépendant du nombre de manifestants dans le pays.

Autre cible militante de longue date dans la ligne de mire du pouvoir et mise à l'index : Mediazona, un média en ligne fondé par les Pussy Riots, ainsi que le rédacteur en chef et l’éditeur. Ce dernier, classé « agent de l'étranger numéro 70 » par le ministère de la Justice, qui n’est autre que Piotr Verzilov, lui aussi membre des Pussy Riots, mari de l’une d’elle et victime d’une tentative d’empoisonnement en 2018.

Il y a un peu plus de deux semaines, une pétition de plus de 150 rédactions et ONG a demandé l'abrogation de la loi sur les « agents étrangers ». C’est non, a répondu le ministère des Affaires étrangères aux 140 000 signataires, car cela donnerait « un sentiment d'impunité à l’Occident ».

À noter également la présence dans cette salve de classement « agents de l’étranger » des membres de l’ONG Golos, une ONG d’observation des élections déjà classée agent de l’étranger juste après le scrutin de septembre.

Le ministère de la Justice a également ajouté le Centre de Nijni Novgorod pour la culture allemande et européenne et le Centre d'études de genre (une organisation de la société civile basée dans la région d'Ivanovo) à sa liste des « ONG d'agents étrangers ».

Des perquisitions au domicile du fondateur et rédacteur en chef du site d'investigations The Insider, désigné en juillet dernier « agent de l'étranger » par la justice, ont eu lieu ce jeudi 30 septembre.  Les services de sécurité russes disent vouloir arrêter Roman Dobrokhotov.  Selon le FSB, en charge notamment du contrôle des frontières russes, il aurait rejoint l'Ukraine dans la nuit du 31 juillet au 1er août 2021 depuis le village frontalier de Kolechtchatovka, dans la région de Voronej en Russie. 

Connu pour ses enquêtes sur le pouvoir, The Insider a notamment fait des révélations sur les empoisonnements présumés des opposants russes Alexeï Navalny, Vladimir Kara-Mourza et de l'écrivain Dmitri Bykov. Roman Dobrokhotov participe lui depuis longtemps à des mouvements d'opposition et de défense des droits.

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