Autriche: Schallenberg officiellement investi chancelier après la démission de Kurz

En Autriche, Alexander Schallenberg a été officiellement investi chancelier ce 11 octobre 2021.
En Autriche, Alexander Schallenberg a été officiellement investi chancelier ce 11 octobre 2021. Fabrice COFFRINI AFP/File

En Autriche, deux jours après la démission du conservateur Sebastian Kurz, visé par une enquête pour corruption, un nouveau chancelier vient d’être investi ce 11 octobre. Le nouveau chef du gouvernement s’appelle Alexander Schallenberg et il était, jusqu’à présent, ministre conservateur des Affaires étrangères.

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Avec notre correspondante à Vienne, Isaure Hiace

À 52 ans, ce diplomate, parfaitement francophone, fils d’ambassadeur, vient en effet d’être investi chancelier. C’est l’Ibizagate qui propulse Alexander Schallenberg sur le devant de la scène en 2019. En effet, ce scandale de corruption a provoqué la chute de la coalition entre conservateurs et extrême droite et la mise en place d’un gouvernement d’experts, au sein duquel il devient ministre des Affaires étrangères.

Il sera le seul rescapé de ce gouvernement et gardera son poste lorsque Sebastian Kurz redeviendra chancelier, en janvier 2020, en s’alliant, cette fois, aux Verts. Il est considéré comme un fidèle de Sebastian Kurz, lui devant une partie de sa carrière et partageant beaucoup de ses positions, notamment sa vision très stricte de la politique migratoire.

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Une politique influencée par Kurz ?

C’est cette proximité qui inquiète aujourd’hui l’opposition, car Sebastian Kurz, s’il n’est plus chancelier, reste chef du parti conservateur et du groupe parlementaire et pourrait, ainsi, continuer d’influencer la politique autrichienne. Michael Linhart, jusqu’à présent ambassadeur d’Autriche en France, a, lui aussi, été investi ce lundi ministre des Affaires étrangères.

Mais la démission de Kurz a mis à rude épreuve la coalition avec les écologistes, déjà échaudée par plusieurs différends ces derniers mois. Et même si le gouvernement essaie d'afficher une image d'unité, rien ne dit que la coalition tiendra jusqu'aux élections de 2024. 

La coalition reste extrêmement fragile, parce qu’il y a de fortes tensions au sein des Verts. Il y a une base qui n’est pas du tout heureuse de travailler avec Kurz. Les autres partis politiques dénoncent la pérennité du système Kurz. La situation paraît quand même instable à moyen terme.

Patrick Moreau, directeur de recherche au CNRS

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