Les Occidentaux craignent un regain de tensions entre la Russie et l'Ukraine cet hiver

Des soldats ukrainiens à un «check-point» de la ville de Shshastya, près de Lubansk, en avril 2021. (Image d'illustration)
Des soldats ukrainiens à un «check-point» de la ville de Shshastya, près de Lubansk, en avril 2021. (Image d'illustration) AP - Efrem Lukatsky

Alors que la crise s'aggrave entre la Biélorussie et la Pologne, on observe aussi un regain de tension, en Ukraine, au niveau diplomatique, entre la Russie et les Occidentaux. Depuis plusieurs jours, les Américains et les Britanniques entretiennent un « bruit de fond », selon lequel la Russie aurait des velléités d'invasion de l'Ukraine. Une théorie qui n'est pas complètement corroborée sur le terrain, bien que les services de renseignement disent disposer de preuves.

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Avec notre correspondant à Kiev, Stéphane Siohan

« Les actions entreprises par le régime Loukachenko menacent la sécurité, sèment la division et visent à détourner le regard des activités de la Russie à la frontière ukrainienne », voilà ce qu'a déclaré, dimanche 14 novembre, Antony Blinken, le secrétaire d'État américain, alors que l'Ukraine vient d'augmenter son niveau d'alerte militaire.

Probabilités de déstabilisation

Dans une interview au Financial Times, la vice-ministre de la Défense, Hanna Maliar, a déclaré qu'il y avait de hautes probabilités de déstabilisation cet hiver de la part de la Russie.

Selon Kiev et ses alliés occidentaux, il y aurait 114 000 soldats russes aux frontières du pays, soit plus qu'en avril dernier lors de la dernière période de tension, mais cette fois-ci en dehors d'une période d'exercices militaires.

Samedi, les médias britanniques ont même annoncé que la Grande-Bretagne était prête à envoyer 600 membres des forces spéciales au service de la reine, mais cette fois-ci au service de l'Ukraine, en cas d'attaque de la Russie.

Guerre psychologique

Il semble que les services de renseignement se livrent à une guerre psychologique, par médias interposés, et que cette fois les Anglo-Saxons sont à la manœuvre.

Néanmoins, la situation est à surveiller de très près, car ces derniers mois, l'armée ukrainienne s'est notoirement renforcée, recevant de l'aide américaine, britannique et turque, alors que pour le Kremlin, la mainmise sur l'Ukraine est une obsession vitale.

Et à l’est les nuages s’accumulent selon l’Alliance atlantique. L’Otan n’accuse pas Moscou d’implication dans la crise avec la Biélorussie mais s’inquiète désormais aussi d’un nouveau renforcement militaire des troupes russes aux frontières de l’Ukraine.

A noter que lors d'un entretien téléphonique ce 15 novembre, Emmanuel Macron et Vladimir Poutine ont réaffirmé leur volonté de «désescalade» dans la région. Le président français a fait part de sa « forte préoccupation et sa volonté de défendre l'intégralité territoriale de l’Ukraine ​», en réaction au déploiement de troupes russes à la frontière ukrainienne. A cela, son homologue russe a réitéré que la négociation était mise en difficulté du fait de Kiev​.

 

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