Ukraine: à Kiev, des civils s'organisent en bataillons en prévision d'une invasion russe

Un soldat ukrainien à Sloviansk, le 6 juillet 2014. (Image d'illustration)
Un soldat ukrainien à Sloviansk, le 6 juillet 2014. (Image d'illustration) REUTERS/Gleb Garanich

Alors que la tension est encore très forte dans la communauté internationale autour de la question ukrainienne, dans le Donbass, à l'est de l'Ukraine, la situation change très peu. Mercredi 1er décembre, un nouveau soldat ukrainien a été tué par un tir de sniper, mais depuis plusieurs mois, à Kiev, comme dans les grandes villes ukrainiennes, les civils se préparent face à une hypothétique invasion russe. Et certains constituent des bataillons de défense territoriale.

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Avec notre correspondant à Kiev, Stéphane Siohan

Il est 20 heures passées ce jeudi soir dans ce quartier de Kiev. Après leur journée de travail, une douzaine d'hommes ont rallié le local d'un club de tir où autour d'un grand écran, ils passent en revue les tactiques à suivre, en cas d'arrivée de chars russes dans les rues de la capitale.

Ces hommes, ce sont les officiers d'un des bataillons de défense territoriale de Kiev. Parmi eux, Dennis, architecte dans la vie de tous les jours. Il n'a pas de formation militaire initiale, mais il a décidé de passer à l'action si jamais le Kremlin décidait d'envahir l'Ukraine. « On est tout à fait sereins, dit-il, car on connaît cette menace depuis 2014. Les Russes ne nous laisseront jamais tranquilles si on ne leur montre pas qu'on leur rentrera dedans. Cette menace durera encore pendant dix ans, et si ça continue encore comme ça, on la connaîtra jusqu'à la fin de notre vie. Il y a sept ans, les patriotes sont descendus dans la rue avec des drapeaux. Maintenant, ils sortiront avec des armes. Et ces armes, ils les utiliseront. Ça ne se passera pas comme la dernière fois. »

Depuis le printemps, le nombre de recrues n'a cessé d'augmenter : plus de 500 civils ont rejoint ce seul bataillon, et des dizaines de groupes similaires se sont formés dans tout le pays. Ils s'inspirent de formations similaires en Pologne, ainsi que dans les pays baltes.

Leur objectif est de pouvoir livrer une guerre contre-insurrectionnelle, si jamais l'armée russe lançait des opérations de grande envergure dans les métropoles ukrainiennes. 

Jeudi à Stockholm, le chef de la diplomatie américaine, Anthony Blinken, a rencontré son homologue russe, Sergueï Lavrov, et il a averti le Kremlin de conséquences économiques très sévères si la Russie s'aventurait à envahir une partie de l'Ukraine.

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