Emmanuel Macron en Hongrie: l'Europe en ligne de mire

Le président français Emmanuel Macron et le Premier ministre hongrois Viktor Orban donnent une conférence de presse à Budapest le 13 décembre 2021.
Le président français Emmanuel Macron et le Premier ministre hongrois Viktor Orban donnent une conférence de presse à Budapest le 13 décembre 2021. AFP - ATTILA KISBENEDEK

Le président français est en Hongrie, le seul pays de l'Union européenne qu'il n'a pas encore visité depuis le début de son quinquennat. Il participe également à une réunion du groupe de Visegrád qui regroupe quatre pays d’Europe centrale et rencontre le Premier ministre nationaliste Viktor Orban. 

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De notre envoyé spécial à Budapest, Anthony Lattier

Le président français s'est recueilli devant la tombe d'Agnès Heller au cimetière de Kozma Utca, cette philosophe qu’il admirait et qui est morte il y a deux ans. Elle était l’une des voix anti-Orban dans son pays.

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Le message est donc clair et limpide : Emmanuel Macron ne vient pas en Hongrie pour cautionner la politique de Viktor Orban. Le message, d’ailleurs, sera réitéré plus tard dans l’après-midi puisque le chef de l’État français s’entretiendra avec le représentant de l’opposition hongroise. Une opposition qui se bat contre un Premier ministre qu'elle accuse d’avoir étouffé la démocratie hongroise, et de mener des politiques de haine contre les minorités.

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Des critiques émises aussi par Emmanuel Macron, mais le chef de l’État français ne peut pas se permettre de bouder Viktor Orban avec qui il a déjeuné ce midi. Il a besoin de lui pour faire un succès de la présidence française de l’Union européenne qui commence dans deux semaines.

D'ailleurs, les deux hommes ont beau s’affronter publiquement depuis cinq ans, quand ils se rencontrent, la poignée de main est chaleureuse. Il était temps qu’un président revienne à Budapest, se réjouit Victor Orban. La dernière fois, c'était Nicolas Sarkozy il y a 14 ans.

Et le Premier ministre Hongrois reprend la définition que fait la France de leur relation : « adversaires politiques et en même temps partenaires européens ». Emmanuel Macron acquiesce. Il expédie les sujets qui fâchent : « Le respect de l'état de droit et des droits fondamentaux, du pluralisme des médias, de la lutte contre les discriminations est au cœur du projet européen. »

Chercher les points de convergence

L’Élysée pense que, malgré les divergences, des points d’accord sont possibles sur les priorités françaises comme la régulation des géants du numérique ou la réforme du droit d’asile. Emmanuel Macron veut donc tâter le terrain en espérant qu’Orban ne bloque pas sa présidence.

Et pour insister sur l’importance de la discussion pour faire plier Victor Orban sur l’État de droit : « La nécessité de respecter chacun des États membres et de comprendre comment ces tensions adviennent comment ces choix peuvent se faire. Et de trouver par la discussion par le travail exigeant et par le dialogue, un cheminement qui nous conduisent tous ensemble fidèle à notre projet et respectueux les uns des autres. »

Le respect plutôt que l’affrontement. On est loin de la campagne des européennes où le chef de l’État français accusait Orban de « prôner un discours de haine ».

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