Pologne: trois militantes LGBT+ accusées d'offense à la Vierge Marie définitivement acquittées

Des militantes polonaises des droits LGBT rassemblée autour du tribunal qui a acquitté trois activistes accusées d'offense à la Vierge Marie pour l'avoir auréolé d'un arc-en-ciel, à Plock, le 2 mars 2021.
Des militantes polonaises des droits LGBT rassemblée autour du tribunal qui a acquitté trois activistes accusées d'offense à la Vierge Marie pour l'avoir auréolé d'un arc-en-ciel, à Plock, le 2 mars 2021. AP - Czarek Sokolowski

En Pologne, la justice a confirmé ce mercredi 12 janvier l’acquittement de trois militantes LGBT+ accusées d’offense aux sentiments religieux après avoir collé des affiches de la Vierge Marie auréolées d’un arc-en-ciel.

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Avec notre correspondante à Varsovie, Sarah Bakaloglou

Trois ans après le début de la procédure judiciaire, ces trois militantes polonaises ont été définitivement acquittées ce mercredi. Malgré un premier acquittement en mars dernier, elles étaient à nouveau jugées, car le parquet avait fait appel, jugeant le dernier verdict trop clément. Elles risquaient jusqu’à deux ans de prison.

Ce procès témoigne des intimidations reçues par les militants LGBT+ en Pologne sous le gouvernement du parti national-conservateur Droit et justice, mais ce dénouement, qui intervient toutefois dans un contexte de plus en plus inquiétant, est un soulagement pour Sarian Jarosz, chercheur pour Amnesty Pologne.

« Depuis 2017 surtout, on a observé que l’homophobie est instrumentalisée par le gouvernement, par la frange extrémiste de l’Église catholique. Et on voit que les personnes LGBT+ deviennent des boucs émissaires pour la police, l’opinion publique et les politiciens simplement dans un but cynique : gagner de l’influence politique », explique-t-il.

Un climat pesant sur la Pologne

Selon le chercheur, ce type de procès servant à intimider les militants en Pologne est loin d’être un cas isolé : « Il y a des procès contre les militants pour offense aux convictions religieuses bien sûr, mais aussi pour participation ou organisation illégale de manifestations, ou encore violations des règles Covid-19. Jusqu’à présent, la plupart de ces affaires sont classées sans suite. Mais en dehors de la question du verdict, ces personnes se retrouvent devant les tribunaux, risquent leur vie professionnelle, leur santé et voient leur activisme être paralysé. »

Un climat de menaces et de discours de haine qui n’est pas sans conséquences. Selon un sondage de l’Université de Varsovie, près d’une personne LGBT+ sur deux souffre de dépression en Pologne, contre 28% en 2017.

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