Guerre en Ukraine - jour 55

Le jour où la Russie a entamé sa «nouvelle phase» dans l’Est ukrainien

Des véhicules sur une route près de Marioupol, le 18 avril 2022 (Foto AP/Alexei Alexandrov)
Des véhicules sur une route près de Marioupol, le 18 avril 2022 (Foto AP/Alexei Alexandrov) AP - Alexei Alexandrov

Au 55e jour de l'invasion russe en Ukraine, les regards se portent vers l'est du pays, où Moscou a lancé une offensive majeure lundi, selon le président Volodymyr Zelensky.

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Les points essentiels :

► La Russie a annoncé mardi matin avoir mené durant la nuit des dizaines de frappes aériennes et de missiles dans l'est de l'Ukraine, entamant selon Kiev « la bataille pour le Donbass » crainte depuis des semaines. « Peu importe combien de soldats russes sont amenés jusqu'ici, nous combattrons. Nous nous défendrons », avait solennellement déclaré lundi soir le président ukrainien.

► La Russie veut « libérer » militairement le Donbass, Moscou considérant cette région de l'Est comme indépendante de l'Ukraine, a déclaré mardi le ministre russe de la Défense, accusant l'Occident de « faire durer » le conflit en livrant des armes à Kiev.

► Aucun couloir d'évacuation des civils n'a pu être organisé ce mardi en Ukraine, faute d'accord avec la partie russe, et ce, pour le troisième jour consécutif, a annoncé la vice-Première ministre ukrainienne Iryna Verechtchouk.

► Le ministère russe de la Défense a appelé toute l'armée ukrainienne à « déposer les armes » et les derniers défenseurs de Marioupol à cesser leur « résistance insensée ». L'armée russe a affirmé avoir ouvert mardi un couloir pour évacuer les soldats ukrainiens présents dans la zone industrielle du port stratégique de la mer d'Azov, quelques heures après avoir exigé leur reddition.

►Le Pentagone a déclaré que l'armée ukrainienne avait reçu des avions de chasse supplémentaires et des pièces détachées pour l'entretien de ceux-ci.


Les horaires sont donnés en temps universel (TU)

22h51 : Le président Zelensky estime que la guerre serait « déjà terminée », s'il avait reçu les armes demandées plus tôt

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky s'est adressé aux dirigeants occidentaux, affirmant que si l'Ukraine avait accès à toutes les armes dont elle a besoin, la guerre serait « déjà terminée », ce mardi soir. « La supériorité de l'armée ukrainienne en tactique et en sagesse est assez évidente. [...] Si nous avions reçu ce que nous recevons maintenant au cours de la première semaine de la guerre, les réussites de l'Ukraine et pour la liberté en Europe seraient plus grands, j'en suis sûr ».

22h16 : Une ligne téléphonique directe rétablie entre la centrale de Tchernobyl et le régulateur ukrainien

L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a déclaré qu’une ligne téléphonique directe avait pu être rétabli entre les équipes de la centrale nucléaire de Tchernobyl et le régulateur ukrainien. « Ce n’était clairement pas une situation soutenable sur le long terme. […]  C’est une très bonne nouvelle que le régulateur puisse maintenant directement contacter la centrale quand il en a besoin » a réagit Rafael Grossi, directeur général de l'agence internationale.

Le 10 mars, les autorités ukrainiennes avaient annoncé à l’AIEA avoir perdu le contact avec la centrale. Les forces russes s’en étaient emparées au début de l’invasion du pays et s'en sont retirées le 31 mars.

21h11 : L'Ukraine a reçu des avions de chasse et des pièces détachées pour renforcer son armée de l'air, selon le Pentagone

L'Ukraine a reçu des avions de chasse et des pièces détachées pour renforcer son armée de l'air, a indiqué le porte-parole du Pentagone, John Kirby, refusant de préciser leur nombre ou les pays ayant fourni les appareils. « Aujourd'hui, ils ont à leur disposition plus d'avions de chasse qu'il y a deux semaines », a déclaré le porte-parole au cours d'un point de presse.

« Sans entrer dans les détails sur ce que d'autres pays fournissent, je dirais qu'ils ont reçu des appareils supplémentaires et des pièces détachées pour accroître leur flotte », a-t-il ajouté. Il n'a pas précisé le type des appareils fournis à l'armée ukrainienne, qui réclamait des avions de guerre depuis des semaines, mais il a laissé entendre qu'il s'agissait d'appareils de fabrication russe. « D'autres nations qui ont l'expérience de ce genre d'avions ont pu les aider à avoir plus d'appareils en service », a-t-il dit.

20h42 : Les conséquences de la guerre en Ukraine vont toucher la croissance dans le monde entier

Le Fonds monétaire international (FMI) revoit à la baisse ses prévisions de croissance. Le FMI table désormais sur une croissance mondiale de 3,6% en 2022, soit 0,8% de moins que prévu en janvier. La principale raison est la guerre en Ukraine qui produit des effets semblables à « des ondes sismiques » dans de plusieurs zones géographiques du monde, estime Pierre-Olivier Gourinchas, le nouveau chef économiste du FMI.

 

Pierre-Olivier Gourinchas (FMI) revient sur les prévisions en baisse du PIB mondial

20h10 : Inquiétudes autour de la déportation forcée de milliers d'Ukrainiens

Depuis quelques semaines, le président ukrainien dénonce la déportation forcée de centaines de milliers d'Ukrainiens en Russie via des camps de filtration. Les organisations de défense des droits de l'homme tentent d'enquêter sur le sujet, mais rares sont les personnes passées par ses fameux camps encore libres de témoigner. Écoutez le reportage de nos envoyés spéciales à Odessa, Aabla Jounaïdi et Oriane Verdier.

Pour parler de ces camps de filtration, Oriane Verdier sera en direct ce mercredi dans le journal de 8h (6h TU).

L'Ukraine s'inquiète de la déportation forcée de plusieurs milliers de personnes en Russie

19h17 : Selon un responsable européen, « 10 à 20 000 » mercenaires de Wagner et combattants syriens ou libyens en Ukraine

Entre « 10 à 20 000 » mercenaires de la société paramilitaire russe Wagner ou combattants syriens et libyens luttent en ce moment aux côtés des forces russes en Ukraine, a affirmé mardi un responsable européen. Ces hommes « n'ont pas de véhicules ou d'armes lourdes » et viennent renforcer les troupes russes, a indiqué le responsable à des journalistes à Washington, sous couvert d'anonymat.

Le responsable dit avoir constaté des « transferts, de zones comme la Syrie et la Libye, vers la région est du Donbass », où Moscou a lancé une nouvelle phase de son attaque. Fin mars, le ministère britannique de la Défense avait indiqué que « plus de 1 000 mercenaires » de la société Wagner, dont des responsables de l'organisation, devaient être déployés dans l'est de l'Ukraine pour « mener des opérations de combat ».

18h46 : Le Pegas, un pétrolier russe confisqué en Grèce

Le Pegas ne peut plus, pour l’heure, reprendre la mer. Depuis début avril, à quelques exceptions près - en fonction du type de marchandises transportées - les navires russes se retrouvent tout bonnement interdits de ports européens.

Une avarie matérielle, en l’occurrence un problème de moteur, conjuguée à une météo défavorable, a cependant poussé le Pegas russe - et ses 19 membres d’équipage - à se rapprocher de l’île grecque d’Eubée. Puis à s’amarrer au large de la ville portuaire de Karistos, où le navire a donc été saisi par les autorités maritimes.

18h12 : La presse internationale revient sur la nouvelle offensive russe dans le Donbass

« Le Kremlin entame la bataille pour l'est de l'Ukraine », titre le Washington Post, la « bataille tant redoutée » a commencé, souligne également le New York Times. « 10 000 soldats russes » seraient engagés dans cette conquête de l’est, rapporte de son côté le Süddeutsche Zeitung.

Revue de presse internationale - La bataille du Donbass a commencé en Ukraine

17h45 : Vladimir Poutine « porte la responsabilité » des « crimes de guerre » en Ukraine, assure Olaf Scholz

 

Le chancelier allemand Olaf Scholz lors d'un discours après une réunion avec les leaders européens et le président américain à Berlin, le 19 avril 2022.
Le chancelier allemand Olaf Scholz lors d'un discours après une réunion avec les leaders européens et le président américain à Berlin, le 19 avril 2022. © Lisi Niesner/Pool/Reuters

 

Le chancelier allemand Olaf Scholz a déclaré que le président russe Vladimir Poutine portait la responsabilité des « crimes de guerre » en Ukraine qui ont fait des milliers de morts parmi la population civile. « L'invasion russe de la Russie est une rupture éclatante du droit international », a estimé le chancelier lors d'une conférence de presse à Berlin, à l'issue d'une visioconférence avec notamment le président américain Joe Biden et plusieurs homologues européens.

« Nous ressentons une immense douleur pour les victimes et aussi une grande rage envers le président russe et cette guerre insensée », a-t-il ajouté. Lors de leur réunion, les dirigeants ont réaffirmé leur « complète solidarité et leur soutien » à l'Ukraine. Le chancelier allemand a souligné qu'il était aussi de leur devoir « d'empêcher une extension de la guerre à d'autres pays » et réitéré que l'Otan n'allait pas « intervenir directement dans la guerre ».

17h26 : Les alliés prêts à « de nouvelles sanctions » contre Moscou, selon Rome

Les États-Unis et l'Union européenne sont parvenus à « un large consensus sur la nécessité d'accentuer la pression sur le Kremlin, notamment à travers l'adoption de nouvelles sanctions », a déclaré le gouvernement italien. Cette prise de position a été prise au cours d'une réunion virtuelle consacrée à l'offensive russe en Ukraine entre le président américain Joe Biden et les principaux alliés des États-Unis.

17h20 : Appel à mieux cibler l'argent des oligarques russes: «La dimension de la richesse cachée est énorme»

Plusieurs économistes veulent accentuer la pression sur Moscou pour obliger la Russie à cesser l’offensive en Ukraine. Parmi eux, de grands noms comme les Français Thomas Piketty et Gabriel Zucman, ou encore le prix Nobel américain Joseph Stiglitz. Ils ont écrit une lettre ouverte aux dirigeants du G20 pour leur demander de s’attaquer à l’argent caché des oligarques russes, déjà ciblés par les sanctions internationales, à la veille de la réunion mercredi du G20 des Finances qui rassemble les plus riches pays du monde.

Écoutez Ricardo Martner, l'un des auteurs de cette tribune, invité sur RFI

17h00 : Point sur la situation sur le front dans l'est et à Marioupol

Les troupes russes ont intensifié leurs attaques sur l'est de l'Ukraine. Cette nouvelle phase de la guerre se veut plus prudente que le début de l'invasion où la Russie misait sur une avancée rapide en Ukraine. Cette fois, l'armée russe et ses co-belligérants se focalisent sur un objectif plus restreint et multiplient les frappes d'artillerie. Elles auraient d'ailleurs déjà touché 1 260 cibles rien que la nuit de lundi à mardi, selon le ministère de la Défense russe. Des tirs qui ont visé principalement des installations militaires et des soldats ukrainiens dans le Donbass et sur Kharkiv, à l'est.

Fini les attaques éclaires du début de l'invasion. Les forces du Kremlin sont maintenant positionnées aux abords de Louhansk et Donetsk et semblent s'engager dans ce qui pourrait être une guerre d'usure.Et pour asseoir ses forces dans la région, les soldats russes se sont emparés de la ville de Kreminna à 130 km de Louhansk et se rapprochent de plus en plus des grandes villes. De son côté, l'armée ukrainienne a déclaré avoir repris Marinka situé en banlieue de Donetsk, dont le contrôle était disputé par la Russie depuis plusieurs jours.

Plus au sud, Marioupol pourrait être la première grande ville prise par les Russes. Dans la matinée, Moscou avait ordonné aux soldats ennemis encore sur place de déposer les armes. Ils ne l'ont pas fait et cet après-midi la Russie a bombardé l'usine métallurgique depuis laquelle les Ukrainiens résistent. Selon Kiev, environ 1 000 civils seraient dans les sous-sols de ce batiment.

Une vue de l'usine Azovstal à Marioupol, le 19 avril 2022, alors que d'importants bombardements ont eu lieu sur ce site industriel.
Une vue de l'usine Azovstal à Marioupol, le 19 avril 2022, alors que d'importants bombardements ont eu lieu sur ce site industriel. © Alexander Ermochenko/REUTERS

16h35 : Un processus d'adhésion accélérée pour l'Ukraine ?

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a dit espérer obtenir pour son pays « dans les semaines à venir » le statut de candidat à l'adhésion à l'Union européenne, remerciant Bruxelles de sa rapidité. Des déclarations effectuées après avoir transmis à l'ambassadeur de l'Union européenne en Ukraine deux volumineux dossiers constituant la demande d'entrée de son pays.

Habituellement, l'obtention du statut de candidat à l'Union européenne « prend des années » mais Bruxelles pourrait accélérer la procédure pour que l’Ukraine obtienne ce statut d'ici à quelques semaines, selon Volodymyr Zelensky. Mais de quel processus parle-t-on exactement et est-il vraiment envisageable que cette procédure soit accélérée ? Les explications de Sébastien Maillard, président de l’Institut Jacques Delors, un think tank européen.

 

16h18 : Des chars ukrainiens bientôt réparés en République tchèque

Des entreprises d'armement tchèques répareront de l'équipement militaire lourd ukrainien, suite à une demande récente émanant des autorités de Kiev, a annoncé le ministère tchèque de la Défense.

Dans un premier temps, des filiales de la holding industrielle Czechoslovak Group (CSG), prendront en charge la réparation de chars moyens T-64 de conception soviétique. Les réparations pourraient être étendues aux véhicules blindés BRD et BRDM, impliquant d'autres sociétés tchèques, selon un communiqué ministériel.

Selon les médias tchèques, Prague a envoyé début avril à l'Ukraine des trains chargés de chars T-72 et de véhicules blindés de fabrication soviétique, une opération sans précédent.

16h02 : L'homme d'affaires russe Oleg Tinkov dénonce la « folle guerre » d'Ukraine

Le fondateur de la banque en ligne russe Tinkoff Bank, deuxième émetteur de cartes de crédit de Russie, Oleg Tinkov, a condamné une « guerre folle » de Moscou en Ukraine, dans un post Instagram. Il affirme que 90% de ses compatriotes ne la soutenaient pas et appelant l'Occident à offrir à Vladimir Poutine un moyen digne de se retirer.

En anglais, il ajoute « Chère "communauté occidentale", indiquez s'il vous plaît à M. Poutine une sortie simple pour qu'il puisse sauver la face et arrêter ce massacre. S'il vous plaît, soyez plus rationnelle et humaine ».

15h52 : Meta (ex-Facebook) fait appel de son interdiction en Russie

Meta, maison-mère d'Instagram et Facebook, a fait appel de la décision d'un tribunal russe lui interdisant d'opérer sur le territoire russe, en raison de son classement en tant que « organisation extrémiste », rapporte l'agence russe Interfax.

Le tribunal de district de Tverskoï a confirmé le 21 mars une action en justice intentée par les procureurs de l'État russe concernant l'interdiction en Russie des plateformes phares de Meta, Facebook et Instagram, une décision qui ne s'applique pas au service de messagerie WhatsApp.

15h28 : L'accueil des réfugiés ukrainiens en Hongrie

Plus de 700 000 réfugiés ont choisi de passer par la Hongrie, l’un des pays frontaliers de l’Ukraine. La Hongrie de Viktor Orban qui avait fermé ses frontières aux réfugiés syriens en 2015, a choisi cette fois de les ouvrir, et d’accueillir les personnes fuyant la guerre et la violence. Mais le pays ne propose que très peu de solutions d’accueil sur le long terme, et reste une étape transitoire pour les réfugiés, qui choisissent, pour la plupart, de poursuivre leur route vers d’autres pays d’Europe. Écoutez le grand reportage de Daniel Vallot.

Grand reportage - Guerre en Ukraine: quand la Hongrie de Viktor Orban s’ouvre aux réfugiés

15h14 : Antonio Guterres dénonce l'offensive russe à l'est et demande 4 jours de « pause humanitaire » pour la Pâque orthodoxe

Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres a dénoncé l'offensive russe dans l'est de l'Ukraine et demandé aux deux parties de stopper les combats pour une « pause humanitaire » de quatre jours à l'occasion de la Pâque orthodoxe « pour permettre l'ouverture d'une série de couloirs humanitaires » en Ukraine.

14h47 : L'armée russe mieux préparée dans le Donbass suite à sa déroute à Kiev ?

L'armée russe semble avoir retenu les leçons des erreurs commises au début de la guerre. Analyse du général Vincent Desportes, professeur de stratégie à Sciences-Po Paris.

Les troupes qui se sont lancées vers Kiev avaient des problèmes logistiques. On voit bien que là les problèmes logistiques seront de moindre ampleur puisque les troupes russes sont beaucoup plus proches de leurs frontières et des républiques irrédentistes du Donbass. Donc les problèmes d'élongation logistique qui les avaient freinés au mois de février n'existeront plus lors de cette attaque. Logistiquement, ce sera beaucoup plus facile que cela ne l'avait été dans la région de Kiev.

Général Vincent Desportes: les troupes russes «ont compris que l'armée ukrainienne ne devait pas être méprisé»

14h26 : Quatre diplomates autrichiens expulsés de Russie

Après l'expulsion de diplomates de pays belges et néerlandais, quatre diplomates autrichiens ont été aussi expulsés, selon le ministère russe des Affaires étrangères. Ces dernières semaines, de nombreux autres pays européens, parmi lesquels l'Allemagne, la France, l'Italie, l'Espagne ont expulsé des dizaines de diplomates russes.

14h08 : 76 personnes libérées dans une nouvel échange de prisonniers, selon Kiev

76 Ukrainiens ont été libérés dans un nouvel échange de prisonniers avec la Russie, a annoncé Kiev mardi, sans révéler le nombre de Russes qui ont été remis à Moscou. « Nous avons échangé 60 militaires, dont 10 officiers. Seize civils sont également rentrés chez eux », a indiqué sur Telegram la vice-Première ministre ukrainienne, Iryna Verechtchouk. Selon elle, il s'agit du cinquième échange de prisonniers depuis le début de l'invasion russe de l'Ukraine, le 24 février.

13h57 : Portrait d'Igor, réfugié à Marioupol

Igor, 20 ans, est parti de Marioupol pour se réfugier à Odessa. Si la guerre s'arrête, il souhaite aider à reconstruire sa ville, sinon il s'enrôlera dans l'armée.
Igor, 20 ans, est parti de Marioupol pour se réfugier à Odessa. Si la guerre s'arrête, il souhaite aider à reconstruire sa ville, sinon il s'enrôlera dans l'armée. © Oriane Verdier/RFI

Marioupol, ville martyre où la dernière poche de résistance se réduit de jour en jour face à l'avancée russe. Alors que de nombreux civils sont empêchés de fuir, Igor, 20 ans, a pu emprunter l'un des premiers corridors pour sortir de la ville en mars 2022. À la gare d'Odessa, nos envoyés spéciales Oriane Verdier et Aabla Jounaïdi l'ont rencontré.

 

 

13h41 : Une figure du parti du chancelier allemand (SPD) critiquée pour ses liens supposés avec la Russie

Une figure du parti social-démocrate allemand, la dirigeante régionale Manuela Schwesig, est sous le feu des critiques pour son engagement en faveur du gazoduc Nord Stream 2, désormais interrompu, ses détracteurs la qualifiant de « larbin » de la Russie.

Plusieurs médias ont publié ces derniers jours des documents soulevant des questions sur le rôle de Manuela Schwesig et du groupe Gazprom dans la création en 2021 d'une « Fondation pour le climat » qui aurait permis de protéger des sanctions américaines les entreprises impliquées dans la construction de Nord Stream 2.

Ces allégations ont suscité la colère de plusieurs responsables écologistes, partenaires de coalition du gouvernement d'Olaf Scholz. Des élus de la CDU ont réclamé la démission de la dirigeante régionale de 47 ans, également ancienne ministre de la Famille de la grande coalition d'Angela Merkel.

Plusieurs figures du SPD ont été mises en causes ces dernières semaines pour leur complaisance supposée avec la Russie, notamment le chef de l'État Frank-Walter Steinmeier et l'ancien chancelier Gerhard Schröder qui entretient des liens privés avec Vladimir Poutine et refuse de quitter ses multiples fonctions rémunérées dans de grandes entreprises russes.

13h20 : Le PIB de la Russie devrait se contracter de 8,5% en 2022, celui de l'Ukraine de 35%, selon le FMI

Le Produit intérieur brut (PIB) de la Russie, sous le coup de sanctions massives depuis son invasion de l'Ukraine fin février, devrait se contracter de 8,5% cette année et le PIB ukrainien s'effondrer de 35%, selon les dernières prévisions économiques du Fonds monétaire international (FMI). Cela représente respectivement 11,3 et 38,5 points de pourcentage de moins que lors des précédentes prévisions qui datent de janvier.

Le Fonds monétaire international souligne l'incertitude entourant les projections pour l'Ukraine « car il est impossible d'obtenir des données précises sur les dommages causés à l'économie ». Mais compte-tenu des destructions d'infrastructures massives et des millions de personnes déplacées, l'institution prévient que la contraction sera « très sévère ».

S'agissant de la Russie, « les sanctions commerciales et financières dont l'exclusion de certaines banques russes du système international de paiement Swift et l'interdiction d'accès des actifs de la banque centrale auront un impact sévère sur l'économie russe », estiment-ils. Le départ des entreprises étrangères de Russie affecte de nombreuses industries dont l'aéronautique et le transport aérien, la finance, le secteur informatique et l'agriculture. « Par conséquent, les perspectives restent sombres », estime le FMI.

13h00 : À l'Est, les autorités locales appellent les populations à évacuer

« Partez ! », a ordonné ce mardi le gouverneur de la région de Louhansk, Serguiï Gaïdaï. à ses concitoyens. « Des milliers d'habitants de Kreminna n'ont pas eu le temps de partir et maintenant, ils sont otages des Russes », a-t-il souligné après que cette ville de quelque 18 000 habitants soit tombées entre les mains des Russes.

Dans l'Est à présent, ceux qui restent sont souvent ceux qui ne peuvent pas partir, car ils sont trop vieux ou trop pauvres. 

Un vieil homme évacué de l'hospice de Tchassiv Yar, près de Donetsk, le 18 avril 2022.
Un vieil homme évacué de l'hospice de Tchassiv Yar, près de Donetsk, le 18 avril 2022. AP - Petros Giannakouris
Une femme et son chat dans un bus pour évacuer vers Dnipro, à Kramatorsk, le 19 avril 2022.
Une femme et son chat dans un bus pour évacuer vers Dnipro, à Kramatorsk, le 19 avril 2022. AP - Andriy Andriyenko
Une vieille dame se fait évacuer de l'hospice de Tchassiv Yar, près de Donetsk, le 18 mars 2022.
Une vieille dame se fait évacuer de l'hospice de Tchassiv Yar, près de Donetsk, le 18 mars 2022. AP - Petros Giannakouris

12h44 : La Russie expulse 36 diplomates européens par mesure de représailles 

La Russie a annoncé mardi l'expulsion de 36 diplomates belges et néerlandais, en représailles à une mesure similaire prise par la Belgique et les Pays-Bas à la suite de l'offensive russe en Ukraine. Il s'agit de 21 diplomates belges et de 15 diplomates néerlandais, parmi lesquels 14 collaborateurs de l'ambassade des Pays-Bas à Moscou et un collaborateur du consulat général néerlandais à Saint-Pétersbourg, selon un communiqué du ministère russe des Affaires étrangères. Ils devront quitter la Russie d'ici à deux semaines.

12h30 : La Russie dit avoir ouvert un couloir à Marioupol permettant aux forces ukrainiennes de sortir

L'armée russe a affirmé avoir ouvert mardi un couloir pour évacuer les soldats ukrainiens présents dans la zone industrielle d'Azovstal, dans le port stratégique de Marioupol, quelques heures après avoir exigé leur reddition. « Étant donné la situation catastrophique dans l'usine métallurgique d'Azovstal (...) à partir de 14h (11h TU) les forces russes ont ouvert un corridor pour permettre la sortie des militaires de l'armée ukrainienne et des combattants de formations nationalistes ayant volontairement déposé les armes », a indiqué le ministère russe de la Défense, précisant qu'un cessez-le-feu local avait été instauré pour assurer une évacuation.

Des images fournies par le conseil municipal de la ville de Marioupol montrent un panache de fumée noire au-dessus du complexe metallurgique d'Azovstal, le 18 avril 2022.
Des images fournies par le conseil municipal de la ville de Marioupol montrent un panache de fumée noire au-dessus du complexe metallurgique d'Azovstal, le 18 avril 2022. EYEPRESS via Reuters Connect - EyePress News

12h21 : Des économistes veulent cibler l'argent caché des oligarques russes

Plusieurs économistes veulent accentuer la pression sur Moscou pour obliger la Russie à cesser l’offensive en Ukraine. Parmi eux, de grands noms comme les Français Thomas Piketty et Gabriel Zucman, ou encore le prix Nobel américain Joseph Stiglitz. Ils ont écrit aux dirigeants du G20 pour leur demander de s’attaquer à l’argent caché des oligarques russes, déjà ciblés par les sanctions internationales, à la veille de la réunion, mercredi, du G20 des Finances qui rassemble les plus riches pays du monde.

12h13 : Plus d'un millier de civils tués dans la région de Kiev

 

Une mère lors des funérailles de son fils au cimetière de Boutcha, le 18 avril 2022.
Une mère lors des funérailles de son fils au cimetière de Boutcha, le 18 avril 2022. AP - Emilio Morenatti

 

L'écrasante majorité d'entre eux ont été tués par balle par les occupants, a déclaré Andriy Nebytov, le chef de la police de la région de Kiev, ce mardi 19 avril. Ce chiffre inclut les plus de 420 corps de civils retrouvés à Boutcha, au nord-ouest de la capitale. Des corps continuent d'être retrouvés dans la région, selon lui. Plus de 400 personnes travaillent dans la région pour enquêter sur les crimes commis, explique-t-il.

11h59 : Ce week-end, plus de personnes sont rentrées en Ukraine depuis la Pologne que l'inverse

Selon les gardes-frontières polonais, quelque 2,838 millions de personnes ont fui l'Ukraine pour se rendre en Pologne depuis le début de la guerre. Le nombre de personnes franchissant la frontière polonaise a considérablement diminué ces dernières semaines, tandis que le nombre de personnes se rendant en Ukraine a augmenté. Entre vendredi et dimanche, plus de personnes ont quitté la Pologne pour l'Ukraine que l'inverse.

Lundi, le nombre de personnes entrant en Pologne a augmenté de 16% par rapport à dimanche, avec 20 000 personnes franchissant la frontière, écrivent-elles sur Twitter.

11h40 : La Pologne prête à accueillir 10 000 soldats ukrainiens blessés

Au moment où la Russie lance une nouvelle offensive dans l’est de l’Ukraine, les services de santé polonais ont la capacité de prendre en charge davantage de militaires ukrainiens blessés, a affirmé Mateusz Morawiecki, le Premier ministre polonais.

Mateusz Morawiecki était en visite dans la ville de Lviv, dans l’ouest de l’Ukraine pour inaugurer une « ville-conteneur » financée par la Pologne et construite pour fournir un hébergement temporaire pour 300 à 350 réfugiés dans des structures mobiles. Le premier ministre polonais a déclaré aux journalistes que la Pologne soignait déjà « plusieurs dizaines » de soldats. « Nous sommes prêts à accueillir au moins 10 000 [soldats], si nécessaire », a-t-il déclaré. « Nous faisons tout pour accueillir et soigner tous les soldats ukrainiens blessés ».

« L'Ukraine peut compter sur la Pologne pour apporter une aide humanitaire, militaire et politique. L'Ukraine veut aussi compter sur l'UE, qui doit introduire des sanctions sévères et fournir des fonds systémiques pour aider les réfugiés », a écrit le Premier ministre polonais.

 

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a déclaré vendredi à CNN qu’entre 2 500 et 3 000 soldats ukrainiens étaient morts jusqu’à présent dans la guerre avec la Russie et que 10 000 autres avaient été blessés.

10h59 : « Restaurer la confiance » avec Moscou prendra des décennies, estime Ankara

« Reconstruire tout cela prendra du temps. Il faudra possiblement des décennies pour restaurer la confiance », a déclaré le ministre turc des Affaires étrangères, Mevlut Cavusoglu, estimant que « nous assistons au début d'une nouvelle Guerre froide » avec la Russie.

10h48: Naufrage du croiseur Moskva, le Kremlin ne veut pas se prononcer sur les pertes

Le Kremlin a refusé de commenter des témoignages faisant état de marins portés disparus depuis le naufrage du croiseur Moskva, navire amiral russe de la flotte de la mer Noire que Kiev dit avoir coulé la semaine dernière. « Toutes les informations sont fournies par le ministère de la Défense. Nous n'avons pas la prérogative de communiquer », a déclaré le porte-parole de la présidence, Dmitri Peskov, alors que ni la marine, ni le ministère n'ont dressé de bilan du naufrage du bateau à bord duquel se trouvaient des centaines de membres d'équipage. Ces derniers jours, plusieurs témoignages publiés par des médias russophones et sur les réseaux sociaux ont fait état de marins portés disparus, certains effectuant leur service militaire.

 

Le croiseur Moskva dans le port de Sebastopol, en Crimée, le 16 novembre 2021.
Le croiseur Moskva dans le port de Sebastopol, en Crimée, le 16 novembre 2021. REUTERS - Alexey Pavlishak

 

 Le Kremlin refuse de communiquer sur le naufrage du «Moskva»

10h40 : Le Premier ministre espagnol « bientôt » à Kiev

Le Premier ministre espagnol, Pedro Sánchez, se rendra « bientôt » à Kiev, ont indiqué mardi des sources gouvernementales à l'AFP, sans toutefois préciser la date exacte du voyage « pour des raisons de sécurité ». Cette visite se produira alors que Pedro Sánchez, un socialiste, a annoncé lundi la réouverture « dans quelques jours » de l'ambassade d'Espagne à Kiev.

 

 

10h39 : Des combats de rues signalés à Kreminna, tombée aux mains des Russes

Kreminna, qui comptait environ 18 000 habitants avant la guerre et est située à une cinquantaine de kilomètres au nord-est de Kramatorsk, est tombée aux mains des Russes, a-t-il indiqué, même si le conseiller de la présidence ukrainienne Oleksiy Arestovytch a affirmé que d'« intenses combats de rue » s'y déroulent encore.

Le gouverneur de la région de Louhansk Serguiï Gaïdaï a déclaré qu'au moins quatre civils étaient morts et il a exhorté les habitants à rester dans les abris. 

10h21 : Les séparatistes ont lancé l'assaut contre l'usine d'Azovstal à Marioupol

Les séparatistes pro-russes du Donbass appuyés par l'armée russe ont lancé l'assaut contre l'usine métallurgique Azovstal, dernier bastion défendu par les forces ukrainiennes dans le port assiégé de Marioupol, rapporte ce mardi l'agence de presse russe Ria en citant le porte-parole des séparatistes, Edouard Bassourine.

Les forces prorusses entendent « libérer » l'usine aussi rapidement que possible, a déclaré le président de la république autoproclamée de Donetsk, Denis Pouchiline, cité également par Ria. Le ministère russe de la Défense a lancé de son côté un nouvel ultimatum aux forces ukrainiennes retranchées dans les sous-sols du complexe Azovstal, leur promettant la vie sauve si elles acceptaient de déposer leurs armes avant midi (9h TU).

10h09 : La Russie poursuit son objectif de « libérer » l'est de l'Ukraine 

La Russie veut « libérer » militairement le Donbass, Moscou considérant cette région comme indépendante de l'Ukraine, a déclaré mardi le ministre russe de la Défense, accusant l'Occident de « faire durer » le conflit en livrant des armes à Kiev. « L'armée russe exécute les tâches fixées par le chef des armées pour l'opération militaire spéciale. En conséquence, le plan de libération des républiques populaires de Donetsk et de Louhansk est mis en œuvre », a dit, selon les agences de presses russes, Sergueï Choïgou, dans ses premières déclarations publiques depuis fin mars.

09h50 : La ville de Lviv pas épargnée

De puissantes frappes russes ont fait lundi sept morts dans cette ville près de la frontière polonaise devenue une cité-refuge pour les personnes déplacées, d'après les autorités locales. Située loin du front, Lviv avait été peu visée jusqu'alors par les frappes russes.

 

Un train en provenance de Dnipro passe non loin d'une zone bombardée de Lviv, le 18 avril 2022.
Un train en provenance de Dnipro passe non loin d'une zone bombardée de Lviv, le 18 avril 2022. AP - Philip Crowther

 

Les pompiers à pied d'œuvre pour éteindre l'incendie provoqué par une frappe à Lviv, le 18 avril 2022.
Les pompiers à pied d'œuvre pour éteindre l'incendie provoqué par une frappe à Lviv, le 18 avril 2022. AP - Mykola Tys

 

09h36 : La Russie a-t-elle les moyens de ses ambitions dans le Donbass ?

 

 

Des véhicules militaires russes près de Marioupol, le 18 avril 2022.
Des véhicules militaires russes près de Marioupol, le 18 avril 2022. AP - Alexei Alexandrov

 

 

Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a confirmé que la Russie avait entamé une nouvelle étape dans ce qu'elle décrit comme une « opération militaire spéciale » en Ukraine. « Une nouvelle étape de cette opération est en train de commencer et je suis persuadé qu'elle sera un moment très important de cette opération spéciale », a déclaré Sergueï Lavrov dans un entretien accordé à la chaîne de télévision indienne India Today. Des déclarations qui confirment celles du président ukrainien Volodymyr Zelensky lundi soir.

Objectif de l'armée russe : s'emparer de la totalité du Donbass en s'appuyant sur les territoires déjà contrôlés par les séparatistes ukrainiens.

 

Je pense que la phase qui commence aujourd'hui, c'est une phase essentiellement d'attrition avec de l'artillerie, des missiles. Mais l'attaque elle-même au sol va se révéler extrêmement compliquée pour les Russes.

Général Dominique Trinquand

 

09h18 : La France favorable à un arrêt des importations de pétrole russe

Quelques heures après l'annonce par l'Ukraine du lancement d'une nouvelle offensive russe dans le Donbass, il est « plus que jamais nécessaire » de cesser les importations européennes de pétrole russe, a répété mardi à la radio le ministre français de l'Économie Bruno Le Maire. « Nous avons toujours dit que nous voulions un embargo sur le charbon, c'est fait, et un embargo sur le pétrole russe », a-t-il fait valoir. En 2021, Moscou a fourni 30% du brut et 15% des produits pétroliers achetés par l'UE.

09h01 : La Russie restreint l'accès au site de Human Rights Watch

L'organisme russe de tutelle des médias et des communications Roskomnadzor a restreint l'accès au site internet de l'ONG Human Rights Watch (HRW) en Russie, rapporte mardi l'agence de presse TASS. Selon TASS, ce blocage découle de la publication par HRW de « fausses informations » au sujet de l'offensive menée par la Russie en Ukraine depuis le 24 février, que Moscou décrit comme une « opération militaire spéciale ».

HRW a annoncé le 8 avril dernier que son enregistrement en tant qu'organisation autorisée à travailler en Russie avait été annulé par le ministère russe de la Justice, en précisant qu'Amnesty International et 13 autres organisations non gouvernementales et fondations étrangères avaient également fait l'objet d'une révocation de leur enregistrement.

« Les autorités russes ont bloqué le site web de Human Rights Watch en Russie, citant nos travaux sur l'Ukraine. Mais la vérité éclate toujours, a déclaré lundi soir l'ONG sur Twitter. Les autorités devraient débloquer HRW + tous les autres médias censurés à tort pour la couverture de la guerre, et elles devraient respecter les droits des personnes en Russie à accéder aux faits. »

 

 

08h39 : La Russie appelle l'armée ukrainienne à « déposer les armes »

La Russie a appelé toute l'armée ukrainienne à « déposer les armes » et les derniers défenseurs de Marioupol à cesser leur « résistance insensée », un appel qui intervient alors que, selon Kiev, Moscou a lancé sa grande offensive sur l'est ukrainien.

« Ne tentez pas le destin, prenez la seule décision correcte, celle de cesser les opérations militaires et déposez les armes », a dit le ministère russe de la Défense en s'adressant aux forces ukrainiennes sur Telegram. Il a promis en outre « la vie sauve »  aux combattants ukrainiens de Marioupol occupant encore le site industriel d'Azovstal s'ils se rendaient à partir de 12h (9h TU) mardi.

08h19 : Stellantis suspend l'activité de son usine russe de Kaluga

Le groupe Stellantis a annoncé la suspension de l'activité de son unique usine russe de Kaluga, au sud-ouest de Moscou, en raison des sanctions internationales frappant la Russie et faute de pièces. « Suite au renforcement jour après jour des sanctions croisées et aux difficultés logistiques rencontrées quotidiennement, Stellantis a décidé de suspendre son activité industrielle à Kaluga afin de garantir le respect total de l'ensemble des sanctions croisées et protéger ses employés », affirme le groupe dans un communiqué.

Le groupe automobile avait déjà annoncé début mars l'arrêt de toute importation et exportation à destination ou en provenance de Russie. L'usine, qui fabrique des utilitaires, tournait depuis au ralenti pour le marché local, mais la pénurie de pièces l'avait conduite quelques semaines plus tard à envisager la suspension prochaine de toute production.

Les 2 700 salariés du site ont été placés en chômage technique ou en congés jusqu'à début juin, selon le groupe. Stellantis comptait sur l'usine pour alimenter le marché européen en camionnettes Peugeot, Citroën et Opel. La guerre en Ukraine l'a forcé à transférer ces volumes de production à Hordain, en France, et à Luton, en Angleterre. La plupart des constructeurs automobiles ont suspendu leur production industrielle en Russie, principalement destinée au marché local.

 

 

07h50 : La Russie annonce avoir mené des dizaines de frappes dans l'est de l'Ukraine cette nuit

La Russie a annoncé mardi matin avoir mené durant la nuit des dizaines de frappes aériennes et de missiles dans l'est de l'Ukraine, alors que selon Kiev l'armée russe a lancé une vaste offensive sur le Donbass. « Des missiles de haute précision des forces aérospatiales russes ont neutralisé treize places fortes des unités de l'armée ukrainienne » ainsi que des « concentrations » de troupes près de la ville clé de Sloviansk dans la région de Donetsk, a indiqué le ministère de la Défense. Il a fait état de dizaines d'autres frappes de missiles et de centaines de cibles visées par son artillerie dans le sud et l'est du pays.

Par ailleurs, « l'aviation des forces aérospatiales de la Russie a frappé 60 installations militaires de l'Ukraine », notamment 53 sites de concentrations de troupes et de matériel militaire et trois points de commandements, selon le ministère. L'artillerie russe a de son côté visé quelque 1 260 positions et installations militaires ukrainiennes, notamment dans les régions de Mykolaïv et Zaporijié. L'armée russe affirme y avoir touché 25 positions de commandement de l'armée, des entrepôts de munitions, deux systèmes de missiles Bouk-M1 et 1 214 points de concentration de troupes. Le ministère affirme avoir également détruit deux entrepôts de missiles Totchka-U dans les localités de Tchervona Polyana, dans la région de Louhansk, et Balakliia, dans la région de Kharkiv.

07h15 : Que se passe-t-il à l’est de l’Ukraine ?

La bataille du Donbass a commencé, a affirmé Volodymyr Zelensky dans un message vidéo publié lundi soir. Moscou n’a pas confirmé, mais cela pourrait être le début d’une offensive à grande échelle, notamment dans les régions de Louhansk et Donetsk. Une information difficile à confirmer.

En tout cas, les combats font déjà rage dans plusieurs villes, rapporte notre correspondant à Kiev, Stéphane Siohan. C’est ce que semble indiquer par exemple le chef de l'administration présidentielle ukrainienne, Andriy Yermak, l’homme le plus proche de Volodymyr Zelensky qui a déclaré que c’était la « deuxième phase de la guerre » qui commençait dans le Donbass. Selon les informations qui nous parviennent, les forces armées russes ont déclenché des tirs d’artillerie massifs depuis lundi soir dans plusieurs régions de l’est de l’Ukraine, Donetsk et Louhansk, mais aussi Kharkiv, Zaporijié ou encore Kherson.

 

Une carte des zones contrôlées par la Russie

 

C’est en tout cas ce que semblent corroborer un certain nombre de vidéos postées cette nuit par des soldats à différents endroits de la ligne de front, mais aussi les déclarations du gouverneur ukrainien de la région de Louhansk pour qui « c’est l’enfer qui a commencé dans le Donbass ». Notamment des combats très intenses dans les deux petites villes de Popasna et de Roubijne.

Il semble que l’objectif de l’armée russe soit de pilonner le plus durement possible les positions défensives ukrainiennes avant sans doute d’engager des unités blindées. Selon le renseignement américain, Moscou aurait déployé 76 bataillons dans l’est de l’Ukraine sur plusieurs centaines de kilomètres. Selon certains experts, cela pourrait être tout simplement la plus grande bataille terrestre sur le continent européen depuis la Seconde Guerre mondiale.

Il semble que le Kremlin cherche à obtenir une victoire rapide et prendre le contrôle de larges pans de territoire avant cette fameuse célébration du 9 mai, qui marque la fin de la Seconde Guerre mondiale. Mais on l’a vu jusqu’ici, l’armée ukrainienne a montré de grandes qualités dans une position défensive.

06h48 : Pas de couloir d'évacuation des civils ce mardi pour le troisième jour consécutif

Aucun couloir d'évacuation des civils n'a pu être organisé ce mardi en Ukraine, faute d'accord avec la partie russe, et ce, pour le troisième jour consécutif, a annoncé la vice-Première ministre ukrainienne Iryna Verechtchouk. « Aujourd'hui, le 19 avril, il n'y a malheureusement aucun couloir humanitaire. Des bombardements intenses se poursuivent dans le Donbass », dans l'est du pays, où les forces russes ont lancé selon Kiev une offensive majeure lundi, a déclaré Iryna Verechtchouk sur Telegram.

Concernant Marioupol, « les Russes refusent de fournir un couloir permettant aux civils de rejoindre Berdiansk », affirme-t-elle, ajoutant que les négociations se poursuivent pour l'ouverture de couloirs humanitaires dans les régions de Kherson et Kharkiv.

06h21 : À Donetsk, l'écho des bombardements n'a jamais été aussi fort

Le président Volodymyr Zelensky a indiqué lundi soir que la Russie avait lancé son offensive dans l'est de l'Ukraine. En réalité, à Donetsk, cela fait déjà deux jours que les échos des bombardements quotidiens sur la ligne de contact se font entendre de plus en plus fort, qu’on constate davantage de circulation d’équipements d’artillerie lourde sur les routes, et des avions et hélicoptères volant à très basse altitude. Des missiles Tochka-U ont atterri ces derniers jours dans les petites villes et les quartiers périphériques de Donetsk.

 

 

 

06h09 : Un avion russe fait un détour de 15 000 km pour aller chercher des diplomates

Un avion envoyé de Moscou pour récupérer des diplomates russes expulsés de Grèce puis d'Espagne a été contraint de faire un détour de 15 000 km en raison d'une interdiction de vol de l'UE, rapporte le site de suivi des vols FlightRadar24. « Alors que l'Espagne et la Grèce ont fait une exception unique pour permettre à l'avion d'entrer dans leur espace aérien, les vols ont contourné d'autres pays qui maintiennent des interdictions sur les vols russes », a déclaré le site internet.

Le vol faisait exactement 15 163 km, soit « juste un peu moins que le plus long vol du monde actuel entre Singapour et New York », précise Flight Radar.

 

 

05h59 : Six millions de personnes en Ukraine ont un accès limité à l'eau

Après près de deux mois de guerre, l'Unicef s'alarmait sur Twitter, lundi : « Plus d'un mois d'hostilités intenses en Ukraine ont dévasté les réseaux d'eau et d'électricité, laissant plus de 4,6 millions de personnes avec un accès limité à l'eau. Au total, plus de 6 millions de personnes en Ukraine luttent chaque jour pour avoir de l'eau potable, l'un des besoins humains les plus essentiels. »

 

 

05h46 : Moscou renforce sa présence militaire de onze bataillons tactiques

Selon un haut responsable américain du département de la Défense, la Russie a augmenté de « onze bataillons » en une semaine sa présence militaire dans l'est et le sud de l'Ukraine, portant à 76 le total de bataillons dans le pays.

En plus des 76 groupes tactiques de bataillons (BTG), il y en a environ 22 au nord de l'Ukraine qui sont probablement en cours de réapprovisionnement et de rééquipement, a déclaré le responsable. Une douzaine d'entre eux, à l'intérieur de l'Ukraine, tentent de prendre Marioupol.

05h35 : La Banque mondiale abaisse ses prévisions de croissance

Lors d'une conférence de presse lundi, le président David Malpass a déclaré que la Banque mondiale avait abaissé son estimation de la croissance en 2022 de 4,1% à 3,2%, en raison du ralentissement de la croissance en Europe et en Asie centrale.

Au début du mois, l'institution avait déclaré que l'économie de l'Ukraine allait se contracter de près de la moitié cette année en raison de la guerre. Elle prévoit que l'invasion de la Russie causera plus de dommages économiques en Europe de l'Est et dans certaines parties de l'Asie que la pandémie de coronavirus.

Selon la Banque mondiale, le conflit en Ukraine a entraîné la fermeture de la moitié des entreprises du pays et réduit les exportations. La Banque a envoyé près d'un milliard de dollars d'aide à l'Ukraine jusqu'à présent et a promis d'envoyer 2 milliards de dollars supplémentaires dans les mois à venir.

05h21 : Rencontre avec le maire de Kreminna, dans l'est de l'Ukraine

Les troupes russes sont entrées ce lundi 18 avril 2022 dans la ville de Kreminna, dans l'est de l'Ukraine, à une cinquantaine de kilomètres de Kramatorsk, la capitale ukrainienne du Donbass et l'une des cibles de Moscou dans cette région. Sur place, nos envoyés spéciaux Clea Broadhurst et Jad el Khoury ont rencontré le maire de la ville.

► À lire et écouter : Le maire de Kramatorsk l'assure, sa ville se défendra

Oleksandr Goncharenko, maire de Kramatorsk.
Oleksandr Goncharenko, maire de Kramatorsk. © RFI/Clea Broadhurst

 

 

04h54 : Deux prisonniers en appellent à Boris Johnson dans une vidéo

Voilà un casse-tête dont Boris Johnson, récemment en visite à Kiev, se serait bien passé. Dans le Donbass, la Russie a capturé deux mercenaires britanniques qui se battaient dans les rangs de l’Ukraine. Les deux hommes en appellent à Boris Johnson pour faciliter leur libération alors que Moscou pourrait tenter de les monnayer dans un échange de prisonniers. Des vidéos des deux captifs, enregistrées sous la pression et dont le texte leur a sans doute été soufflé par leurs encadrants russes, ont été diffusées lundi par des médias proches du Kremlin.

Les deux prisonniers britanniques, Shaun Pinner et Aiden Aslin, y apparaissent fatigués, l’un d’eux semble même avoir été malmené pendant sa captivité. Ils appellent à être échangés par l’Ukraine contre l’oligarque déchu Viktor Medvetchouk, tout récemment capturé en cavale par les services ukrainiens.

La figure de l’opposition pro-russe en Ukraine est ainsi la pièce centrale de ce puzzle. Il est aussi un intime de Vladimir Poutine, qu’il connaît depuis plusieurs décennies. Personnage clé pour le Kremlin, il était pressenti pour mener un gouvernement pro-russe en cas de renversement du pouvoir à Kiev. Pour certains observateurs, son arrestation et placement en résidence surveillée en mai 2021 est l’un des facteurs qui auraient poussé Poutine à agir en Ukraine. Il s’était ensuite enfui au début de la guerre, avant d’être récemment retrouvé et arrêté près de la frontière polonaise. Le Kremlin avait d’abord refusé la proposition ukrainienne d’un échange de prisonniers autour de sa personne, mais cette nouvelle donne britannique pourrait peut-être voir Medvetchouk finalement exfiltré vers la Russie.

04h35 : Les États-Unis et leurs alliés se réunissent mardi autour de l'Ukraine

Le président américain Joe Biden participera mardi à une réunion virtuelle consacrée à l'offensive russe en Ukraine, a indiqué la Maison Blanche, au moment où Kiev assure que Moscou a déclenché dans le Donbass une nouvelle phase de son attaque. Le président américain évoquera, « avec les alliés et partenaires » des États-Unis dont la liste n'a pas été dévoilée, le « soutien continu à l'Ukraine et les efforts visant à s'assurer que la Russie rende des comptes », a précisé à l'AFP un responsable de la Maison Blanche. 

Interrogé lundi sur de nouvelles mesures ou sanctions contre la Russie, le porte-parole du département d'État Ned Price a indiqué que Washington continuerait à accroître les sanctions financières et autres mesures économiques contre la Russie afin de lui faire payer le coût de son invasion de l'Ukraine lancée le 24 février.

04h20 : La Russie a lancé l'offensive dans l'est

 

 

Un homme transporte un panneau de bois pour protéger les fenêtres en vue des bombardements, à Kramatorsk, le 18 avril 2022.
Un homme transporte un panneau de bois pour protéger les fenêtres en vue des bombardements, à Kramatorsk, le 18 avril 2022. REUTERS - MARKO DJURICA

 

 

« C'est l'enfer. L'offensive a commencé ». C’est avec ces mots que le gouverneur ukrainien de la région de Louhansk, Serguiï Gaïdaï, a annoncé lundi soir le début de l’opération militaire russe sur le Donbass.

Le Kremlin n'a pas confirmé, mais les combats se sont intensifiés ces dernières heures dans la région. Avec des affrontements à l’est de Kramatorsk, capitale ukrainienne du Donbass. D’après le gouverneur de la région de Louhansk, les combats se concentraient lundi dans plusieurs villes comme à Roubijne ou Popasna. À Kreminna, les autorités rapportent la mort de quatre civils lundi dans des bombardements. D’après le conseiller de la présidence ukrainienne, la ville, soumise à d’intenses combats de rue, résiste aux « occupants russes ».

Dans la soirée, le président ukrainien Volodymyr Zelensky s’est exprimé dans un discours retransmis sur Telegram :

Nous pouvons maintenant confirmer que les troupes russes ont commencé la bataille pour le Donbass, qu'elles préparent depuis longtemps. Une grande partie de l'armée russe est désormais dédiée à cette offensive. Peu importe le nombre de soldats russes amenés ici, nous nous battrons. Nous nous défendrons.

 

 

Les forces ukrainiennes continuent aussi à se défendre dans la ville portuaire de Marioupol. Ce mardi matin, le conseil municipal affirme que le vaste complexe métallurgique a de nouveau été bombardé par l’aviation russe. En plus des militaires, les souterrains abriteraient plus d’un millier de civils. 

Avec le début de cette offensive sur l’est de l’Ukraine, la guerre est entrée dans une deuxième phase. Celle que redoutaient les Ukrainiens depuis le début du mois et le retrait des forces russes de la région de Kiev.

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