Reportage

Les orthodoxes ukrainiens célèbrent la Pâques sous le signe de la division

Dans la cathédrale de Dnipro, rattachée au patriarche de Moscou, les Ukrainiens prient pour la paix.
Dans la cathédrale de Dnipro, rattachée au patriarche de Moscou, les Ukrainiens prient pour la paix. © Oriane Verdier/RFI

En Ukraine, pays à majorité orthodoxe, Pâques a été célébrée dans un contexte particulier ce week-end. Si certaines églises ont pris leur indépendance, beaucoup restent rattachées au patriarcat de Moscou.

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De nos envoyées spéciales à Dnipro, 

Zlata, tout sourire sous son voile fleuri, gravit les quelques marches qui la mènent à l’entrée de la grande cathédrale de Dnipro. Pour la Pâques, plus que jamais, elle prie pour la paix.

« Nous demandons à Dieu un ciel en paix pour nous tous, pour tout le pays, pour tous les Ukrainiens. Nous demandons la santé pour tous nos proches. Nous avions pris tout ça pour acquis, les jours se succédaient, plus ou moins bon. Mais maintenant on a compris qu’il faut chérir le moindre moment de vie. »

Comme la majorité des paroisses de cette ville de l’est ukrainien, cette cathédrale est placée sous la hiérarchie du patriarche Kirill de Moscou, soutien actif de Vladimir Poutine et de l’offensive russe.

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Dans la cathédrale de Dnipro, rattachée au patriarche de Moscou, les Ukrainiens prient pour la paix.
Dans la cathédrale de Dnipro, rattachée au patriarche de Moscou, les Ukrainiens prient pour la paix. © Oriane Verdier/RFI

Éloigné de la foule, près du petit cimetière à l’arrière du bâtiment, le père Herman accepte d’aborder ce sujet sensible. « C’est très difficile. Certaines personnes sont tentées de croire le patriarche Kirill lorsqu’il bénit les soldats russes qui partent ensuite tuer des Ukrainiens. De mon point de vue personnel, ce n’est vraiment pas bien. Comment bénir quelqu’un pour qu’il aille tuer ses frères ? » demande-t-il. 

« Aujourd'hui, en réalité, beaucoup de nos prêtres refusent de mentionner le patriarche Kirill et de prier pour lui comme ils devraient le faire ». Malgré tout, le père Herman ne veut pas rejoindre le patriarcat de Kiev qui a obtenu son indépendance vis-à-vis de Moscou. Cette cathédrale est celle de son enfance, rien ni personne ne devrait à ses yeux diviser la communauté chrétienne orthodoxe.

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© RFI

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