Les sénateurs démocrates échouent à adopter une loi garantissant l'accès à l'avortement

Le projet de loi au Sénat visant à protéger le droit à l'avortement aux États-Unis n'a pas obtenu le nombre de voix requis, le 12 mai 2022.
Le projet de loi au Sénat visant à protéger le droit à l'avortement aux États-Unis n'a pas obtenu le nombre de voix requis, le 12 mai 2022. US Senate TV via REUTERS - POOL

Les démocrates voulaient un vote au Sénat pour protéger le droit à l’interruption volontaire de grossesse par une loi fédérale. Ils ont eu leur vote et ils l’ont perdu, sans grande surprise.

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Avec notre correspondant à Washington, Guillaume Naudin

Le Sénat américain a échoué mercredi à adopter une loi garantissant l'accès à l'avortement dans tout le pays, à l'heure où ce droit est fortement menacé par une décision à venir de la Cour suprême.

Les démocrates savaient qu’ils n’ont pas la majorité qualifiée requise de 60 voix sur 100 pour faire passer leur texte. Mais avec ce vote, ils poursuivaient un double objectif. D’abord montrer qu’ils se battent pour le droit des femmes à faire les choix qui concernent leur santé et leur corps. Ensuite, amener chacun à se positionner. Les cinquante républicains du Sénat ont donc voté contre. Leur chef Mitch McConnell expliquant que l’objectif démocrate est de distribuer des avortements à la demande.

De plus, la majorité, si l’on peut la qualifier ainsi, n’a pas fait le plein de ses voix. Le sénateur démocrate centriste de la Virginie occidentale Joe Manchin, qui a l’habitude de faire échouer les projets des siens, a voté selon ses convictions anti-avortement, avec les républicains.

Une majorité d'Américains favorable à l'IVG

 Le président américain a fustigé l'issue du vote. « Les républicains du Congrès - dont aucun n'a voté pour ce projet de loi - ont choisi de s'opposer au droit des Américaines de prendre les décisions les plus personnelles concernant leur corps, leur famille et leur vie », a dénoncé Joe Biden dans un communiqué.

Les élus de la chambre des représentants, qui avaient voté le texte préalablement, sont venu assister au vote et ont quitté la salle en entonnant des slogans pro-choix. Leurs leaders, la vice-présidente Kamala Harris en tête, veulent désormais en faire un enjeu des élections de mi-mandat en novembre. Ils appellent les Américains à élire des sénateurs et des représentants favorables à l’accès à l’interruption volontaire de grossesse. Comme une majorité d’Américains selon les enquêtes d’opinion. 

Son parti a tenu à organiser ce vote après l'extraordinaire fuite, le 2 mai, d'un projet de décision de la Cour suprême, selon laquelle la plus haute juridiction américaine s'apprêtait à annuler l'accès à l'avortement. Si la Cour suprême venait à revenir sur la jurisprudence qui fonde le droit à l'avortement aux États-Unis depuis 1973, chaque État serait libre de l'interdire ou de l'autoriser. Une vingtaine d'États conservateurs ont déjà promis de le rendre illégal.

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